Va-t-on vers un divorce entre le gouvernement de Abdelaziz Djerad et les députés du FLN et du RND ? Rien n'est sûr pour l'instant, mais la plénière consacrée, mardi 11 février, au plan d'action du gouvernement montre que les relations entre les deux parties ne vont pas être un exemple de quiétude.

En effet, la séance plénière mardi à l'Assemblée nationale (APN) a été houleuse. C'est que les députés de la majorité n'ont pas apprécié le discours du Premier ministre Abdelaziz Djerad. Ce dernier a en fait décoché des flèches à son prédécesseur à la tête du gouvernement mais aussi aux Parlementaires qui ont cautionné sa politique.

Le Premier ministre a lancé des piques aux députés de la majorité. Ces derniers ne les ont pas supportées. Essentiellement en raison de la loi de finances (LF) 2020 expédiée avec légèreté par les membres de l'APN. Pour cela, il a fait savoir aux députés de la majorité, y compris ceux de TAJ et du MPA, que son gouvernement a décidé d'élaborer une loi de finances complémentaire pour corriger les anomalies contenues dans la LF 2020. Ces anomalies entérinées par les députés du FLN et du RND.

Djerad dénonce la loi de finances 2020

« J’informe les députés que j’ai proposé au président de la République la préparation d’un projet de loi de finances complémentaire pour traiter certaines anomalies contenues dans la loi de finances 2020, notamment la suppression de certaines taxes arbitraires imposées aux travailleurs du Sud et à ceux exerçant des fonctions libérales, dont l’objectif était de semer la zizanie », a ainsi indiqué Abdelaziz Djerad.

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Les membres de l'Assemblée n'ont pas besoin de plus que cela pour se mettre en colère. Ils ne l'ont pas montré durant l'intervention de Djerad mais lors des débats, ils ne se sont pas fait prier pour réagir. Des députés du FLN ont cependant préféré s'en prendre à certains ministres, en guise de réaction. Particulièrement ceux qui étaient du côté du Hirak avant la constitution du nouveau gouvernement.

Des ministres de Djerad ciblés par les députés de la majorité

« Moi, j’ai voté par conviction et j’ai assumé mon acte. C’est à vous de nous expliquer votre attitude. Je ne vais pas vous traiter de ‘‘harki’’, mais il faut visionner vos précédentes vidéos sur vos portables. Qu’est-ce que vous vous disiez, quand vous vous regardiez dans le miroir chaque matin ? », a par exemple affirmé un député de l'ex-parti unique.

Certains députés n'ont pas hésité à critiquer tel ou tel ministre, mais en encensant l'action du chef de l'Etat. D'autres ont carrément fustigé tous les gouvernements précédents "qui ont échoué". Alors que d'autres encore ont exprimé leur crainte que leurs partis respectifs (particulièrement le FLN) fassent l'objet d'exclusion.

Rien ne dit que cet échange d'amabilités ne se transforme pas en guerre "fratricide". Abdelmadjid Tebboune et Abdelaziz Djerad pourraient être tentés par une marginalisation des partis de l'ex-alliance présidentielle du président déchu Abdelaziz Bouteflika. Cela pour séduire le peuple algérien qui exige le départ de tout le système. Mais il faut dire aussi que rien ne dit que ce n'est pas une nouvelle pièce de théâtre jouer pour tromper les Algériens.