L’adjoint du procureur du tribunal de Sidi M’hamed, Mohamed Belhadi a été muté au tribunal de Guemar, à El Oued, sur décision du ministère de la justice, ont rapporté plusieurs magistrats, mercredi 12 février. Ainsi, le magistrat qui a plaidé en faveur des manifestants pour la première fois dans les annales de la justice algérienne, est sanctionné par son ministère de la tutelle.

Avant d’être muté, le jeune procureur a été convoqué au ministère de la justice le lendemain du procès. Une convocation qui a soulevé l’ire du Club des magistrats qui a affirmé que « ce qu’a fait l’inspection générale du ministère de la justice constitue une entrave au processus d’indépendance de la justice, une menace à la sécurité constitutionnelle et professionnelle des magistrats et une atteinte à la constitution ». Ce club souligne que cette convocation « démontre une fois de plus la mainmise de l’exécutif sur le pouvoir judiciaire avec l’intention de terroriser les magistrats et de leur contester leur droit de s’exprimer librement ».

Plaidoirie historique du jeune procureur

Ainsi, le jeune procureur de la République près du tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, a payé pour son audace. Lui qui a fait une plaidoirie qui a marqué les esprits des présents lors du procès de manifestants en donnant notamment un exemple de ce que devrait être une justice indépendante.

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Mohamed Belhadi  a demandé la relaxe des personnes arrêtées lors du 48ème vendredi à Alger, le 17 janvier dernier. Le jeune procureur a notamment revendiqué l’indépendance de la justice en déclarant : « Les Algériens marchent d’un pied ferme vers l’Algérie nouvelle, une Algérie où la justice sera libre et indépendante. Les Algériens scandent des slogans réclamant une justice libre et indépendante. Pour cela, j’assume mes responsabilités en tant que représentant du parquet. En concrétisation du principe de l’indépendance de la justice, et pour qu’on ne dise pas qu’on fonctionne avec les injonctions d’en haut, le parquet demande la relaxe ».

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