L’université algérienne sombre de plus en plus dans l’obscurantisme religieux. En effet, un autre pas a été franchi à l’université de Saïda, au sud-est de la wilaya d'Oran, avec l’interdiction de fêter le Saint-Valentin à la faculté des droits et des sciences politiques, selon une note affichée à l’attention des étudiants.

Ainsi, les responsables de cette faculté ont formellement interdit de fêter la Saint-Valentin le 14 février, selon cette note qui indique que « le département des sciences juridiques informe les chers étudiants qu’il est formellement interdit de fêter la journée du 14 février ou ce qui est appelé la fête de l'amour au sein des franchises universitaires ». La note ajoute que « tout étudiant pris en possession de cadeaux sera présenté en conseil de discipline ».

Cette décision d’une université censée encourager les étudiants à la réflexion et à leur apprendre à prendre leur envol dans la vie, plonge l’université dans les abîmes de l’obscurantisme. Elle révèle la mainmise de l’idéologie islamiste intégriste sur cette institution qui devrait être régie par les lois de la République. Elle est prise sans que le ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche scientifique ne réagisse pour rappeler le rôle de l’université qui devrait être celui du savoir, de l’ouverture de la tolérance et un lit des valeurs universelles au lieu d’être un terrain de luttes idéologiques.

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L’université otage des intégristes

Ce silence des autorités relève aussi de leur complicité dans le pervertissement de l’université et leur laxisme devant un courant religieux basé sur l’exclusion et le déni de liberté qui prend les rênes dans une université loin d’être performante.

Il faut souligner que ce n’est pas la première fois qu’une telle décision est prise à l’université algérienne. En 2014, une étudiante a été empêchée de rentrer à l’université d'Alger. La jeune fille a été interceptée par des agents de sécurité qui lui ont refusé l'accès « parce qu'elle portait une jupe trop courte », à leurs yeux. Aucune mesure ne sera prise à leur encontre alors que leur attitude était une violation de la réglementation.

Par Pika Ouazi

N. B. : Les opinions exprimées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les avis de la rédaction

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