Algérie - Le premier atelier interactif sous le thème « La presse électronique : Réalité et perspectives » s’est tenu jeudi 20 février à l’Ecole supérieure de journalisme et des sciences de l’information, dans le cadre de la réforme globale lancée par le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Amar Belhimer.

L’atelier a permis aux professionnels du métier, plus précisément ceux concernés par la presse électronique, ainsi qu’à l'ensemble du corps enseignant universitaire de manifester leurs préoccupations concernant la situation dans laquelle se trouve le journalisme dans sa version électronique en Algérie.  Et de donner, par la suite, des propositions à même d'élaborer un plan pour réglementer cette activité.

L'état du journalisme électronique est d'autant plus préoccupant que sur 150 titres de presse électronique présents en Algérie, « seuls 48  sont en situation régulière », a déclaré le ministre de la communication lors de cet atelier. « Les autres titres diffusent depuis l’étranger », ajoute-t-il.

Les intervenants ont surtout mis l’accent sur la nécessité de mettre sur le même pied d'égalité la presse web et les médias déjà soumis à la réglementation en vigueur. Le paysage médiatique du journalisme électronique étant « anarchique » d’après les participants, l’établissement d’une loi régissant le journalisme électronique devient une nécessité pour pouvoir décerner les droits et libertés ainsi que les devoirs des journalistes et leurs limites.

Cela pourrait, selon les orateurs, organiser le métier et surtout garantir le respect de l’éthique de la profession, « pour que le journaliste de la presse électronique ait enfin le respect qu’il mérite ».

« 10 ans pour avoir sa carte de journaliste »

Le problème de la carte de journaliste n'a pas manqué d'être soulevé par les présents : « Trouvez-vous logique qu’un journaliste exerçant le métier doive attendre 10 ans pour obtenir sa carte ? Quel est le statut du journaliste avant cette période dans ce cas ? », s’interroge dans cette optique Bachir Mokhtari, journaliste à Obersv’algérie.

Outre la carte professionnelle, la question du financement a été posée par les directeurs des entreprises médiatiques électroniques, notamment la publicité publique (Anep) ainsi que les budgets de la publicité digitale des entreprises privées qui partent souvent au bénéfice des grands géant du web, notamment Youtube, Facebook et Google, négligeant, ainsi, les organes médiatiques électroniques.

L'on a aussi proposé des solutions, telles que la prise en considération de la Médiamétrie dans la répartition de la publicité, de même que la classification des sites et leurs contenus à travers Google analytique et des programmes de la même utilité. Le recours au payement électronique pour ces médias afin de garantir leur liberté et pouvoir se détacher de l’obligation de se focaliser uniquement sur la publicité de l’Etat a été également l’une des propositions des orateurs, arguant l'impératif de préserver le droit à la liberté d'expression.

D’autres soucis, cette fois-ci plus techniques, ont été soulevés avec plus de détails, comme le problème des noms de domaines (dz), celui de l’hébergement et la qualité des structures en Algérie. Des préoccupations adressées en premier lieu au ministre de la Poste, des Télécommunications, des Technologies et du numérique, Ibrahim Boumzar, qui a pris part à l'atelier.

Le ministre a clôturé ce premier atelier par la promesse de créer des organes de régularisation du journalisme web et d'élargir ses fonctions dans le processus des activités de distribution et de publicité. Il s'est aussi engagé à régler les soucis de la carte professionnelle, à veiller au respect de l’éthique du métier et à résoudre les problèmes posés en dehors de recours à la justice. Il promet également « la révision de la loi de 2012 » et consacrer ainsi « un texte traitant du journalisme web ». Belhimer précise, enfin, que d’autres ateliers régionaux seront mis en place prochainement.