Le jeune magistrat Abdelmalek Ben Hadd, du tribunal foncier de Annaba, a été convoqué cette semaine par l’inspection générale du ministère de la Justice, indique le quotidien El Watan.

À en croire ses confrères Abdelmalek Ben Hadda, qui est « l’un des premiers magistrats du pays ayant bravé, du temps du règne du clan Bouteflika, le risque de troquer l’obligation de réserve contre l’appel à l’indépendance de la justice », a été convoqué pour « avoir participé à la marche du 52e vendredi du Hirak dans la wilaya de Annaba ».

Soulignons que cette convocation intervient au lendemain de la célébration du premier anniversaire du Hirak mais aussi de l'institution par Abdelmadjid Tebboune de la journée du 22 février (déclenchement du Hirak) comme "Journée nationale de la fraternité et de la cohésion entre le peuple et l'ANP pour la démocratie". Ce qui met en avant les contradictions entre le discours officiel du chef de l'Etat, qui n'a pas hésité à encenser le mouvement populaire à travers ses sorties médiatiques, et les pratiques du régime, toujours aussi hostile au Hirak dans l'acte .

La même source ajoute que le jeune magistrat est proche du Club des magistrats, une organisation professionnelle en cours de création, et est « connu pour son intégrité, qui nourrit sa quête pour la souveraineté du juge et de la justice »

Il est utile de rappeler qu’il y a deux semaines, l'ex-procureur adjoint près le tribunal de Sidi M’hamed, à Alger, Mohamed Belhadi, qui a requis la relaxe pour des manifestants du Hirak, s’est retrouvé muté au tribunal de Guemmar, près la Cour d’El Oued, à plus de 600 km d’Alger.