Le procès de Fodil Boumala s'est tenu, hier dimanche, au tribunal de Dar El Beida, à Alger. Le détenu a été défendu par un collectif de 79 avocats issus des quatre coins du pays. Et pour lui afficher leur soutien, des anciens détenus d'opinion, comme Lakhdar Bouregaâ, Samira Messouci ou encore Samir Benlarbi, étaient au tribunal.

C’est l’avocat Haboul qui débutera la plaidoirie, fournissant des moyens de défense juridiques, formels et substantiels. Invité à s'exprimer, le prévenu s'adressera au juge en ces mots : « Personne, ni aucun parti, quels qu'ils soient, ne peuvent me retirer ma liberté. Je crois en la patrie et en la liberté, et si la justice ne me protège pas, qui me protégera dans ce pays ? ». Des mots forts et poignants qui lui ont valu des applaudissements de la salle, vite interrompus par le juge qui rappellera l’assistance à l'ordre.

Après 3 heures de plaidoyer, l'audience a été levée pour ne reprendre qu’une heure plus tard. Le réquisitoire contre Fodil Boumala ne tardera pas à arriver : 1 an de prison ferme et une amende de 100 000 dinars ! Ce n’est qu’après 16 heures de plaidoyer que le procès prendra fin, dans la nuit. Signalons que le verdict sera rendu le 1er mars prochain.

A rappeler que le journaliste et activiste Fodil Boumala a été arrêté le 18 septembre dernier près de son domicile familial, à Bab Ezzouar, par des éléments des services de sécurité. Il  a été présenté le lendemain devant le procureur du tribunal de Dar El Beïda qui a décidé de le présenter devant le juge d’instruction du même tribunal. Ce dernier décidera finalement de placer Boumala en détention provisoire. Ce dernier est poursuivi pour «atteinte à l’unité nationale» et «diffusion de tracts susceptibles de porter préjudice à l’intérêt national».

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