Même si elle était prévisible depuis quelques mois, la crise que connaît le RCD résonne comme un coup de tonnerre à chaque secousse. C'est ce qui s'est passé mercredi 26 février, quand les élus de ce parti à l'APW de Tizi Ouzou, en Kabylie, ont annoncé leur démission du parti de Mohcine Bellabas.

En effet, ils sont huit membres de l'APW de Tizi Ouzou, sur les 14 que compte le RCD, à avoir annoncé leur démission de leur parti et la constitution d'un groupe d'élus indépendants. Ils ont fait cette annonce officiellement à l'occasion d'une session de cette assemblée élue consacrée au développement local.

" Nous, groupe de huit élus à cette APW, ne nous reconnaissons plus dans le parti de Mohcine Belabbas, et nous informons l'opinion publique que nous nous sommes constitués en groupe d'élus indépendants à l'APW de Tizi Ouzou, avec Kaci Tansaout comme chef du groupe ", affirme le groupe dans une déclaration lue par l'un des élus.

Coup dur pour le RCD

Pour les huit élus démissionnaires, " il vaut mieux se séparer au nom de la vérité que de s'unir au nom du mensonge ".  Ils précisent cependant qu'ils restent "engagés à accompagner les élus locaux et les citoyens pour l'intérêt général et le développement de notre wilaya". Un coup dur pour le parti de Mohcine Bellabas qui se retrouve avec six élus à l'APW de Tizi Ouzou, c'est-à-dire moins que le FLN et le RND, qui en comptent sept chacun.

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Il faut dire aussi que cette crise est latente depuis quelques mois. Depuis l'apparition d'une fissure entre les partisans du président actuel, Mohcine Bellabas, et l'ex-président Saïd Sadi, il était clair que la maison RCD allait être ébranlée. Et cela a commencé avec la démission de deux députés, officiellement, pour se mettre au diapason du peuple en révolution. Mais en réalité, c'était pour mettre Mohcine Bellabas dans la difficulté, puisqu'il est également membre de l'APN.

Samira Messouci s'attaque au wali de Tizi Ouzou

A l'occasion de cette nouvelle session de l'APW, l'ex-détenue du drapeau amazigh, Samira Messouci, s'est distinguée par un discours virulent à l'égard du wali et du système qu'il représente. "De quel développement local pouvons-vous parler lorsque le premier responsable de la wilaya est issu d'une nomination illégale et anticonstitutionnelle et représente un système que le peuple ne cesse de rejeter", a d'emblée asséné l'élue. Elle ajoutera que "l'Etat est pris en otage par un pouvoir rejeté par plus de 90% des Algériens".

Elle évoquera aussi l'incident qui a opposé le président de l'APW au wali de Tizi Ouzou à propos du cadre du président Abdelmadjid Tebboune. "Monsieur le représentant du système, vous vous êtes prosternés pendant des années devant un cadre que vous avez voulu imposer au peuple une énième fois, aujourd'hui, vous osez faire du chantage à une Assemblée souveraine et mettre en péril le développement de la wilaya de Tizi Ouzou à cause d'un cadre qu'aucun citoyen ne reconnaît et dont aucune loi n'exige sa présence dans cette salle, et un cadre qui n'a eu comme seule voix dans cette wilaya, la vôtre" a martelé Samira Messouci. Pour elle, cela confirme que "le divorce entre le système et la loi est consommé".

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