Les demandes de jugement de l’ex-président déchu Abdelaziz Bouteflika se font de plus en plus insistantes. En effet, en plus des activistes politiques, des ex-Premiers ministres et ministres sous son règne l’ont cité dans leurs procès pour corruption et réclament son jugement.

Ainsi, l’étau se resserre sur celui qui a pris les rênes du pays pendant 20 ans. Deux nouvelles voix se sont jointes à celles des personnalités qui lui réclament des comptes. Cette fois-ci, ce sont les deux anciens Premiers ministres en détention, Abdelmalek Sellal et Ahmed Ouyahia, qui ont demandé le jugement de l’ancien premier responsable du pays lors du procès en appel de l’affaire du “montage de véhicules”.

Les deux hauts responsables proches de Bouteflika appuient par là les requêtes de tous les opposants et activistes qui ne cessent de demander la comparution de Bouteflika, ayant été le premier responsable du pays pendant 20 ans. Ce front, qui s’est élargi pour la présentation de l’ex-président de la République devant la justice, met en avant des faits concrets d’une implacable évidence, à savoir la responsabilité de ce dernier dans tous les scandales de corruption que connaît le pays.  En effet, Abdelaziz Bouteflika et son frère Saïd ont été cités dans de lourds dossiers mettant en cause d’anciens responsables dans la dilapidation des deniers publics.

Les anciens Premiers ministres enfoncent Bouteflika

Lors du procès en question, Abdelmalek Sellal a plaidé que « le premier responsable, c’est Bouteflika, c’est lui qui devrait normalement être ici pour témoigner. Il est vrai que le Président était malade, mais il supervisait absolument tout à travers son frère ». Ouyahia aussi a assuré avoir appliqué les instructions de Bouteflika, confirmant les déclarations de l’ancien ministre Abdelaziz Rehabi qui a soutenu que «les Premiers ministres et les ministres actuellement devant les juges dans les affaires de mauvaise gestion et de dilapidation des deniers de l’État affirment tous qu’ils ont accordé les crédits et les avantages pour lesquels ils ont été emprisonnés sur instruction du président de la République. Ce dernier assume donc une responsabilité politique ».

Ces déclarations et éléments ne laissent pas beaucoup de marges de manœuvre à la justice si cette dernière veut vraiment prouver son indépendante. Il serait invraisemblable de juger les exécuteurs et d’épargner les instigateurs.