Le journal édité en langue amazighe Tighremt ne sera pas sur les étals ce mercredi 4 mars. Et pour cause, le collectif de ce nouveau quotidien a été stoppé mardi soir au niveau de l'imprimerie où on lui a signifié que le journal était interdit. Le collectif de Tighremt a rendu public un communiqué dans lequel il a déclaré sa surprise devant le refus d'imprimer le quotidien.

"Le collectif de la rédaction du quotidien national d'information en Tamazight Tighremt surpris par le refus d'imprimer ce mardi à 22h le numéro 05, s'excuse auprès de ses lectrices et ses lecteurs de ne pouvoir mettre leur journal sur les étals" a fait savoir avec une certaine amertume le collectif de ce journal entièrement édité en Tamazight.

Selon le collectif, il se pourrait que l'interdiction soit due à la graphie latine utilisée dans l'édition du quotidien. C'est ce que suggère en tous cas le collectif dans son communiqué. "Au quatrième numéro de Tighremt, l'unique quotidien national d'information en langue tamazight voit son aventure stoppée net pour, selon toute vraisemblance, le caractère latin de sa réalisation" a-t-on indiqué dans le communiqué.

L'Etat veut imposer la graphie arabe ou le tifinagh

Visiblement, les autorités semblent vouloir imposer la transcription en lettres arabes ou en tifinagh, y compris dans des entreprises privées. Cela, même si tous les arguments scientifiques privilégient la transcription en lettres latines. Notamment, en matière de disponibilité des travaux de recherche et des ouvrages et autres documents, particulièrement après l'immense travail effectué par l'anthropologue Mouloud Mammeri.

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Selon Djamal Ikhloufi, l'un des deux rédacteurs en chef du quotidien, "les proches du ministre de la communication ont suggéré qu'il y ait une ou deux pages en caractères arabes". Pour lui, il n'est pas question de répondre favorablement à cette injonction qui ne dit pas son nom. "Le caractère latin pour la transcription de tamazight est une partie intégrante de notre ligne éditoriale" affirme-t-il à Observ'Algérie.