Le coordinateur de l'Union démocratique et sociale (UDS, non-agréé), Karim Tabbou, a affirmé avoir subi des violences dans la caserne appelée communément "unité Antar". Il l'a déclaré mercredi 4 mars lors de son procès au tribunal de Sidi M'hamed.

En fait, Karim Tabbou a également fait part de violences subies lors de son arrestation. "Les services de sécurité m’ont carrément kidnappé. Ils m’ont demandé de les suivre sans même m’accorder le temps de me changer. Pendant plusieurs heures, à l’unité Antar (caserne ndlr), personne ne m’a adressé la parole. Ce n’est qu’à 1h du matin que quelqu’un est venu m’interroger. On m’a dicté des interdictions, comme ne pas parler aux journalistes ou organiser des réunions, puis on m’a relâché le lendemain jeudi à 17 heures", a raconté l'activiste.

Karim Tabbou a aussi évoqué les conditions de son interrogatoire. Il a, par exemple, raconté les insanités qu'il a reçues de la part de ceux qui l'interrogeaient. "A Antar, j’ai entendu ce que je n’ai jamais entendu comme vulgarités dans ma vie. De mes 47 ans, je n’ai jamais été insulté de la sorte", a-t-il indiqué.

Des violences verbales et physiques

Visiblement, la violence verbale n'est pas la seule subie par le chef de l'UDS. Il a accusé ses geôliers de violence physique aussi. Il a même fait savoir que le juge d'instruction savait pour les violences subies. "J’ai comparu devant le juge d’instruction en ayant des bleus sur les mains", a-t-il accusé, dénonçant aussi les conditions "désastreuses" de détention.

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Il mettra enfin au défi le ministre de la Justice pour qu'il ouvre une enquête sur les violences qu'il a subies à la caserne Antar. "As-tu été violenté à l'unité Antar ?", a interrogé l'un de ses avocats. "Oui", a répondu Karim Tabbou. "Les conditions de détention étaient désastreuses, j'ai passé 20 sur 24 heures en isolement total. J’étais isolé de l’humanité", a-t-il également précisé.

Verdict mis en délibéré pour Karim Tabbou

Pour rappel, Karim Tabbou a été arrêté le 12 septembre 2019 à Alger avant qu'il ne bénéficie d'une liberté provisoire le 25 du même mois. Il sera, cependant, interpellé de nouveau le lendemain et mis sous mandat de dépôt pour "atteinte à l'unité nationale et au moral de l'armée". En janvier, le juge d’instruction a rendu une ordonnance dans laquelle il a prolongé sa détention provisoire pour une durée de quatre mois.

Lors de son procès du mercredi 4 mars, le procureur de la République a requis une peine de quatre années de prison ferme. Il a été également condamné à payer une amende de 200 000 dinars. Le verdict a néanmoins été mis en délibéré pour le 11 mars prochain.

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