Depuis la prison où il est incarcéré, le coordinateur de l'Union démocratique et sociale (UDS, non-agréé), Karim Tabbou a adressé, mercredi 17 mars 2020, un message à travers lequel il appelle le peuple algérien à suspendre les marches et les manifestations, à cause du coronavirus.

"Covid-19 menace de contamination toute la population, seul le respect strict des règles de l’hygiène et de distanciation sociale sont à même de réduire la propagation de ce virus. C’est justement cette nécessité qui vous impose individuellement et collectivement le respect des consignes émises par les professionnels de la santé. A cet effet et pour préserver la santé de nos concitoyens, je joins ma voix à toutes celles qui appellent à la suspension des marches et rassemblements du Hirak, et ce, durant toute cette épreuve que vit l’humanité entière", a écrit Karim Tabbou dans un communiqué posté sur le compte Facebook de son frère Djaffar.

Le détenu politique qui retrouvera la liberté le 26 mars prochain, après avoir purgé sa peine de 6 mois, a appelé les citoyens à faire preuve d'intelligence et de civisme durant cette période pénible. "Pendant plus d’une année, nous avons mené collectivement une Révolution pacifique exceptionnelle et enthousiaste. Nous l’avons menée avec une maturité politique et un esprit de responsabilité incontestables. Aujourd’hui, et face à ce risque majeur, nous devons faire preuve d’intelligence pour préserver nos acquis, ainsi que pour assurer les perspectives de nos actions à venir".

Pour Tabbou, le pouvoir veut arrêter le Hirak

"Nous ne nous sommes pas naïfs", écrit le prisonnier politique et l'une des figures de proue du Hirak. Car estime t-il "depuis des mois, le pouvoir s’emploie par tous les moyens répressifs à arrêter le Hirak, ses velléités à mettre fin à cette Révolution sont réelles". Et de continuer : "Toutefois, et vu la conjoncture difficile, nous devons faire de cette « trêve » une halte pour nous préparer aux luttes futures. Ne donnons pas une occasion de plus au pouvoir pour cacher sa gabegie et son incompétence derrière le masque de « manque du civisme citoyen », conclut Karim Tabbou.

Rappelons que ce dernier a été placé en détention le 12 septembre dernier  pour « atteinte au moral de l’Armée et à l’unité nationale », et « incitation à la violence ». Il a été remis en liberté le 25 septembre 2019, mais moins de 24 heures après, il a été de nouveau arrêté et présenté, le 2 octobre, devant le juge d’instruction près le tribunal de Sidi M’hamed qui l’a placé une nouvelle fois en détention provisoire. Il restera longtemps en prison avant son procès tenu le 4 mars 2020 et lors duquel le tribunal le condamnera à une année de prison dont six mois avec sursis. Ce verdict prononcé le 11 mars ouvre la porte à la libération du chef de l'UDS le 26 mars.

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