L'Institut Pasteur d'Algérie connaît, selon de nombreux spécialistes, un retard dans l'analyse des prélèvements effectués sur les cas suspectés de coronavirus. En effet, une source a confié au quotidien francophone El Watan que, depuis la multiplication du nombre des cas suspectés en Algérie, les résultats des prélèvements de l'Institut Pasteur ne sont rendus qu'après trois à cinq jours.

Selon la même source, l'Institut Pasteur d'Algérie connaît « une réelle saturation » dans l'analyse des prélèvements sur les personnes suspectées de contamination par le virus chinois, et ce, malgré la mobilisation de plusieurs équipes. Cette situation ferait retarder les résultats de près d'une semaine et conduirait systématiquement à fausser « le décompte épidémiologique de la situation ».

La même source a révélé que certains résultats ont été récupérés « en post-mortem pour des cas hospitalisés pour d'autres motifs » et qui se sont avérés par la suite positifs au virus. Pis, les dépouilles de certaines personnes infectées ont été récupérées par leurs proches sans avoir reçu, au préalable, les résultats de l'Institut Pasteur. Par conséquent, ces familles n'ont pris aucune disposition pour éviter la contamination et la propagation du virus.

Une instruction du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière notifie que « le test de dépistage au Covid-19 est réalisé uniquement en cas de présence de symptômes ou face à des cas sévères ». A ce propos, de nombreux spécialistes redoutent « l'explosion » de l'Institut Pasteur dans les prochains jours, surtout avec le rapatriement de près de 5 000 Algériens, notamment des pays où les foyers d'épidémie sont innombrables, comme la France et l'Italie.

À lire aussi :  Emmaüs Toulouse : Bons plans pour les étudiants en France

L'Institut Pasteur réagit et s'explique

Face à la contestation de nombreux observateurs concernant le délai de délivrance des résultats des prélèvements, l'Institut Pasteur d'Algérie désavoue, dans un communiqué rendu public dimanche 22 mars, les « allégations » portées à son encontre.

D'emblée, l'Institut Pasteur a qualifié les récentes déclarations sur les retards accusés dans le dépistage du coronavirus de « diffusions tendancieuses » qui tentent de semer l'agitation et l'inquiétude au sein des Algériens, à l'heure d'une « situation d'urgence sanitaire difficile ».

L'IPA explique que la procédure, suivie de « l'acheminement des prélèvements, leur qualité, le temps nécessaire à leur traitement et la validation des résultats » est gérée par « le laboratoire de référence » afin de délivrer au personnel médical « un résultat aux standards connus ».

Le communiqué de l'IPA assure que les techniques employées pour détecter la charge virale sont celles utilisées « dans tous les laboratoires du monde » recommandées et actualisées quotidiennement par l'Organisation mondiale de la santé.

Lire aussi : Coronavirus en Algérie : Le cri de détresse du corps médical