Le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a appelé les enseignants universitaires, notamment les professeurs-chercheurs, les chercheurs permanents et hospitaliers universitaires, à continuer à donner des cours en ligne, en raison du probable prolongement du confinement sanitaire au-delà du 5 avril.

En effet, le ministère invite les enseignants à continuer à dispenser des cours en ligne et à contribuer de leur mieux « pour que l'année universitaire continue dans les meilleures conditions », lit-on dans le message du ministère. Toutefois, les réactions des enseignants restent mitigées quant à l'efficacité du e-learning, adopté à la hâte.

Hadj Miliani, professeur à l'université Abdelhamid Ibn Badis de Mostaganem, a estimé, dans une déclaration accordée au journal Le Soir d'Algérie, que les interactions doivent être nombreuses et supposent des capacités multipliées de le plate-forme d'apprentissage en ligne. Cependant, les étudiants doivent « disposer d'ordinateurs et de connexion convenables ». Il affirme que ce type d'enseignement a ses propres méthodologies auxquelles les enseignants ne sont pas formés, « Il faut arrêter de croire que des algorithmes vont résoudre de vrais problèmes pédagogiques », a-il insisté.

L'enseignant universitaire Kaddour Chouicha a précisé, de son côté, que la mise en pratique d'un système d'enseignement en ligne ne se fait pas aussi rapidement. Pour lui, lancer une telle initiative, c'est « méconnaître ou refuser de reconnaître le délabrement qu'a atteint l'université ».

À lire aussi :  La France a-t-elle l'obligation d'héberger les sans-papiers sans abri ?

Djaâfar Bensalah, enseignant à l'université d'Es-Senia (Oran) abonde dans le même sens. Il estime que l'initiative aurait été une bonne décision si elle avait été testée depuis longtemps, afin de détecter ses failles. Ceci en plus du problème que pose le débit faible de la connexion internet, a-t-il fait comprendre. Aussi, « les téléphones smart et micro-portables ne sont pas à la portée de tous les étudiants », tient-il à rappeler.

Ce même constat est partagé par Boudia Maâmar, cadre et enseignant à l'USTO. Celui-ci, tout en reconnaissant que la plate-forme de l'enseignement en ligne existe et est fonctionnelle, souligne la problématique de la connexion. D'autres enseignants considèrent que la décision circonstancielle du e-learning a été prise unilatéralement et ne peut, de facto, répondre à la situation actuelle.

Lire aussi : Cours par internet en Algérie : le ministère de l'Education se dit « prêt »