Après la validation du protocole de soins à la base de la chloroquine et des antirétroviraux auxquels est associé l’Azithromycine (antibiotique) contre les cas modérés et sévères de contamination au Covid-19, on se dirige vers sa généralisation sur d’autres cas. En effet, des professeurs en médecine dont le Pr Noureddine Zidouni (pneumologue) et le Pr Mansour Brouri (spécialiste en médecine interne) en concertation avec le comité scientifique de suivi du coronavirus proposent l’élargissement de ce protocole aux formes bénignes du coronavirus.

Ces spécialistes expliquent que leur proposition est basée sur des arguments objectifs liés à la prise en charge des malades. Ils évoquent les difficultés que trouvent les médecins pour faire face à la pandémie. Les professeurs mettent en avant l’insuffisance de tests de diagnostic, ainsi que de l’absence de lits de réanimation pouvant répondre à la demande nationale. Le Pr Noureddine Zidouni et le Pr Mansour Brouri soulignent que ce protocole est le seul à même d'endiguer cette pandémie, tout en sachant que le nombre de contaminés au Covid-19 augmente chaque jour, notamment ces deux dernières semaines. En l’espace d’un mois, 584 cas de Covid-19 ont été enregistrés, dont 35 décès.

Les deux professeurs ajoutent que la situation évolue rapidement dans certains cas. Car une fois qu’on atteint le stade grave, la mise sous traitement, notamment à la chloroquine, est trop tardif. Ils rappellent que des séries de résultats l’ont bien montré en Chine, à Marseille avec le Pr Raoult et à New York où un médecin a traité 500 patients testés positifs avec aucune hospitalisation en réanimation et aucun décès.

Un médicament toujours controversé

Cette proposition arrive à un moment où le traitement à la chloroquine connait un nouveau rebondissement, notamment en France. En effet, selon le journal Le Point un pharmacien d'un grand CHU français, correspondant du Centre de pharmacovigilance de sa région, a lancé l'alerte vendredi 27 mars auprès de médecins infectiologues et pharmaciens de son établissement. Il signale que « des cas de patients Covid-19 positifs présentent, sous hydroxychloroquine associée ou non à l'azithromycine, des troubles du rythme ou de la conduction cardiaque, des arrêts cardiaques dans d'autres centres hospitaliers français ». Il a ajouté que « certains de ces arrêts se révèlent « fatals ».

Ainsi, plusieurs spécialistes considèrent que l’utilisation de la chloroquine d’une façon systématique est prématuré. Ces derniers appellent à attendre les résultats des essais cliniques pour se fixer sur cette molécule controversée.

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