Abdelaziz Bouteflika n'a fait aucune apparition publique depuis sa démission, il y a une année, de la présidence de la République. De nombreux Algériens se posent des questions sur ce que devient celui dont la chute était inattendue. D'après l'Agence France-Presse (AFP), l'ex-chef d'Etat se trouve toujours retranché dans sa résidence médicalisée de Zéralda, à Alger.

Mardi 2 avril 2019. Un jour reste gravé dans les mémoires des Algériens. Vêtu d'une gandoura, Abdelaziz Bouteflika signait sa démission après 20 ans de règne. Pourtant, quelques semaines plus tôt, il avait annoncé sa candidature à un cinquième mandat. Ce que le peuple a refusé, en se soulevant pacifiquement, à partir du 22 février dernier.

Une année quasiment après sa , Abdelaziz Bouteflika n'a plus fait d'apparition. Laissant place à plusieurs rumeurs et spéculations sur une éventuelle fuite vers l'étranger, voire un possible décès. Néanmoins, une personne proche de son entourage a révélé à l'AFP que Bouteflika "vit entouré de sa sœur et d'une équipe médicale" dans sa résidence médicalisée de Zéralda (environ 15 kilomètres à l'ouest d'Alger). Un lieu que le président déchu, qui a eu 83 ans le 2 mars, n'a que rarement quitté depuis son accident vasculaire cérébral (AVC), en 2013.

Bouteflika ne parle plus, mais suit l'actualité de l'Algérie

Selon Mohamed Hennad, ex-professeur de sciences politiques à l'Université d'Alger, Abdelaziz Bouteflika continue de "jouir de tous les privilèges" dans sa résidence.
Pour le journaliste algérien Farid Alilat, l'ancien chef de l'Etat algérien "reçoit peu de visites. Il est toujours cloué sur son fauteuil-roulant, étant atteint d'une aphasie presque totale". Et d'ajouter, dans une interview publiée le mois dernier par l'hebdomadaire français Le Point : "Pour autant, il est conscient de tout ce qui se passe en Algérie".

Pour les Algériens, le système qui a fait Bouteflika est toujours en place

Par ailleurs, le politologue Hasni Abidi a indiqué que "pour les Algériens, Abdelaziz Bouteflika fait partie désormais du passé". Toutefois, ils ont "le sentiment que (...) les mauvaises pratiques persistent", et que "le système qui a fait de Bouteflika ce qu'il est devenu est toujours en place".

Cela dit, les partisans du Hirak continuent d'exiger un changement radical "système", malgré la suspension de la mobilisation populaire à cause de la pandémie de coronavirus.

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