L'Organisation des nations unies (ONU) a été saisie officiellement sur le cas du prisonnier politique algérien Karim Tabbou. Une plainte a été envoyée en effet à cette instance par un avocat établi à Montréal, au Canada, en l'occurrence maître Sofiane Chouiter.

« J’ai envoyé une plainte officielle sur le cas de Karim Tabbou au groupe de travail sur la détention arbitraire de l’ONU », a annoncé l'avocat lundi 13 avril sur Facebook. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire de l'ONU qui vient d'être saisi par Sofiane Chouiter, regroupe des experts indépendants des droits humains qui enquêtent sur des cas d'arrestation et de détention arbitraire qui peuvent être en violation du droit international des droits de l'Homme.

Ce Groupe de travail sur la détention arbitraire procède à des enquêtes sur les cas de privation de liberté imposée arbitrairement ou de toute autre manière incompatible avec les normes internationales pertinentes énoncées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme ou dans les instruments de droit international pertinents acceptés par les États concernés.

Selon les statuts de ce groupe, il a également le droit de demander aux gouvernements et aux organisations intergouvernementales et non gouvernementales des informations, et de recevoir ces informations ainsi que celles communiquées par les individus concernés, leur famille ou leurs représentants. Il peut aussi agir sur la base des informations portées à son attention et concernant des cas présumés de détention arbitraire en adressant des appels et des communications urgents aux gouvernements concernés afin qu’ils apportent des précisions et de porter ces affaires à leur attention.

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Tabbou arrêté pour ses propos sur Gaïd Salah

Pour rappel, Karim Tabbou a été arrêté le 11 septembre 2019, suite notamment à ses propos critiques à l'égard de l'ex-chef d’état-major de l’ANP Ahmed Gaïd Salah sur la crise politique que traversait le pays. Après deux demandes de remise en liberté provisoire, Karim Tabbou a fini par être libéré le 25 septembre et mis sous contrôle judiciaire.

Une remise en liberté de très courte durée, puisqu’elle n’a pas dépassé les 24 heures. En effet, le lendemain matin, Karim Tabbou a été de nouveau arrêté. Il a ensuite été présenté devant le procureur du tribunal de Sidi M’hamed et mis à nouveau sous mandat de dépôt pour une autre affaire, celle pour laquelle il a été jugé et condamné le 4 mars en première instance à un an de prison dont six mois avec sursis.

Alors que tout le monde attendait sa libération, le 26 mars dernier, l'affaire d’«atteinte au moral de l’armée» surgit. Programmé initialement pour le 7 avril, le procès concernant cette affaire d’«atteinte au moral de l’armée» a été renvoyé pour le 27 du même mois.