L'opération de rapatriement des Français bloqués en Algérie se déroule dans des conditions  confuses. Les milliers de voyageurs qui se sont présentés à l’aéroport d’Alger cette semaine n'ont pas tous pu embarquer. Ce qui a donné lieu à de scènes de frustration et de désespoir. Certains ont même accusé les autorités françaises de favoritisme, rapporte ce mardi 21 avril le quotidien francophone El Watan.

Le calvaire se poursuit pour les ressortissants français bloqués en Algérie à cause du Covid-19. Alors que la compagnie aérienne Air France avait programmé quelques vols pour leur rapatriement, la situation a viré à la crise à l’aéroport Houari Boumediène d'Alger, mercredi.

Des centaines de voyageurs se sont présentés dès les premières heures pour espérer embarquer. Néanmoins, l'avion affrété par la compagnie française n'embarquait que 200 passagers environ. Ce qui est très insuffisant pour le nombre important de ressortissants bloqués en Algérie et souhaitant regagner l'Hexagone.

Se livrant à du coude-à-coude derrière des barrières policières, les voyageurs violaient même les règles de distanciation. Ce qui fait peser le risque d’un nouveau foyer de coronavirus. Ils attendaient désespérément que le chef d’escale d’Air France prononce leur nom.

La «nonchalance» des autorités françaises

Comme prévu, seule une petite partie des voyageurs ont embarqué à bord de l'avion. Frustrés et en colère à la fois, les centaines de personnes «recalées» tiennent pour responsable le gouvernement français de leur "calvaire". Certains d'entre eux crient au favoritisme. «Nous sommes traités comme des citoyens de seconde zone. Les autorités ont rapatrié les Français de souche en premier, et nous, les binationaux, sommes le dernier de leurs soucis», s'indigne un quadragénaire. «Nous payons pourtant nos impôts en France !», poursuit-il, très remonté.

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Il faut dire qu'une grande partie de ces personnes sont des binationaux et des détenteurs de titre de séjour. Ils sont inscrits auprès des services consulaires de l’ambassade française en Algérie pour pouvoir rentrer en France, où ils vivent.

Les concernés ont même créé une page Facebook nommée «Binationaux bloqués en Algérie» où ils échangent des informations, s’organisent et se plaignent surtout de leur sort. Beaucoup  critiquent «la nonchalance» des autorités et se posent des questions : «Pourquoi personne ne me répond au consulat ? Pourquoi la France n’envoie pas plus d’avions ? Pourquoi la France nous abandonne ?», lit-on sur leur page.

Nouveau dispositif du consulat de France en Algérie

Submergées par le nombre des ressortissants bloqués en Algérie et dans le monde entier, les autorités françaises ont dirigé les demandeurs vers une plate-forme numérique pour s’inscrire. La compagnie Air France promet de contacter, ensuite, les inscrits en fonction des places disponibles.

Contacté par El Watan, le conseiller de presse de l’ambassade de France en Algérie, Philippe Regis, a indiqué que « les personnels de l’ambassade de France et de nos 3 consulats généraux restent mobilisés 7 jours sur 7». D'ailleurs, ce dispositif a permis « depuis le 17 mars l’organisation par les compagnies aériennes, en particulier Air France, de 23 vols commerciaux spéciaux, au départ d’Alger et d’Oran qui ont permis à près de 4300 ressortissants français de passage en Algérie de regagner la France».

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Notons enfin qu'Air Algérie a prévu deux nouveaux vols commerciaux non réguliers pour ce mardi 21 et le samedi 25 avril au départ de l’aéroport international d’Alger.