Une enquête sur l’impact économique du coronavirus sur les entreprises algériennes a révélé que les petites et moyennes entreprises sont sévèrement touchées par la crise. Cette étude, menée par le Dr Fethi Ferhane et élaborée par la Business Academy Evidencia, démontre, chiffres à l’appui, les difficultés auxquelles devra faire face le gouvernement pour sauver l’économie nationale.

Cette étude, basée sur un questionnaire auquel 250 gérants d’entreprise ont répondu du 4 au 11 avril dernier, se veut « une contribution qui propose certaines mesures d’urgence pour atténuer la crise que traversent les entreprises algériennes, dont, sans mesures d’accompagnement, beaucoup ne survivront pas à cette situation inédite ». Elle se focalise sur le secteur du service qui représente 50% de l’échantillon, suivi de celui de l’industrie (25 %), du BTPH (13 %) et du commerce (12 %).

Ainsi, le secteur des services l’hôtellerie/restauration, les TIC et les professions libérales restent les plus touchés par la crise. Ils sont 52% des enquêtés à avoir mis en congé une partie de leurs employés. Tandis que le tiers des entreprises ont mis au chômage technique une partie de leurs personnels et mis en place des mesures sanitaires et une organisation de télétravail. Néanmoins, 51 % des sondés déclarent ne pas avoir licencié d’employés à ce jour. Cependant, 22 % ont remercié au moins la moitié de leurs employés. Des licenciements qui représentent un grand nombre d’employés en 2 semaines de confinement.

Baisse des chiffres d’affaires et licenciements

L’étude révèle aussi que 60 % des entreprises ont connu des baisses de leur chiffre d’affaires et qu’un quart des entreprises a subi une baisse d’effectif et des ruptures d’approvisionnement. Alors qu’elles sont 58,4 % à avoir des problèmes de paiement des salaires et 54,3 % à avoir des difficultés de trésorerie. Des déficits qui ont poussé le tiers des entreprises à reporter les investissements et à diminuer le budget de communication et marketing, selon la même étude.

L’enquête met en évidence d’autres complications, telles que le règlement des coûts fixes. Elles sont, ainsi, plus des trois-quarts à ne plus pouvoir faire face au règlement de ces coûts : 27 % procèdent à ces paiements, 13 % n’ont plus de ressources pour payer, 28 % ont reporté les paiements, 14 % ont réduit leurs coûts et 7 % ont dû emprunter.

Cette analyse révèle aussi que 55 % des entreprises prévoient une perte entre 50 % et 90 % de leur chiffre d’affaires lors des premières semaines d’arrêt d’activité. 36 % d’entre elles s’attendent à une baisse annuelle de leur chiffre d’affaires entre 50 % et 90 %. Près de 25 % auront une baisse entre 25% et 50%. Ces chiffres inquiétants prouvent que « les chefs d’entreprise font face à une situation inédite, qui complique leur management et même la continuité et la survie de leurs entités », selon cette étude.

Les résultats de cette enquête présagent des licenciements qui vont générer une forte hausse du chômage et un climat d’incertitude, avec un manque de visibilité pour le secteur économique. Ce qui va mettre le gouvernement devant de nouvelles difficultés. D’où la nécessité de mesures urgentes pour sauver les entreprises et l’emploi en Algérie.

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