Les entreprises du secteur public et privé connaissent depuis la chute des prix du pétrole en 2014 de sévères contraintes. Avec cette pandémie du coronavirus, elles prévoient, pour le deuxième trimestre de l'année 2020, une baisse de plus de 50% de leurs chiffres d'affaires.

En effet, Slim Othmani, président du Cercle d'action et de réflexion autour de l'entreprise (Care), estime que la crise sanitaire du coronavirus « aggrave encore plus une situation déjà très fragile ». Une situation économique perturbée, selon lui, par l'assèchement des marchés et l'ébranlement du réseau de distribution.

Le président du Care a souligné, lors d'une visioconférence, que la lutte contre la propagation du nouveau coronavirus est la priorité dominante en ce moment. Cependant, il a indiqué que l'économie algérienne fait face à une crise d'une grande ampleur, qu'il faut traiter en urgence.

Les experts appellent le gouvernement à prendre des mesures concrètes

De son côté, l'économiste et expert des politiques commerciales, Mouloud Hedir, a fait comprendre que cette pandémie affecte l'ensemble de l'économie mondiale. Il explique qu'il « est nécessaire de faire quelques chose » pour les 5 millions d'employés qui attendent d'être assistés durant cette période. Dans ce contexte, l'expert évoque une aide forfaitaire de 10 000 dinars « du point de vue des finances publiques », précisant que c'est difficile à réaliser.

À lire aussi :  Des députés demandent la fermeture du Square Port-Saïd et autres places d'échange de devises au noir

Nadir Laggoune, consultant en stratégie, a fait savoir, quant à lui, que 76% des chefs d'entreprises approuvent les mesures de confinement, tandis que seulement 30% d'entre eux estiment pouvoir supporter les coûts des congés exceptionnels. Il ajoute, par la suite, que le chiffre d'affaires des entreprises connaîtra une baisse de 50% au prochain trimestre. Ce qui engendrera d'importantes difficultés dans les trésoreries des entreprises.

Dans ce contexte, Nadir Laggoune pense que le confinement risque de durer encore longtemps. « Il faudrait que l’État, durant cette période de confinement, soutienne les entreprises privées » estime-t-il. Il insiste sur le fait que ces acteurs économiques attendent des mesures concrètes de soutien financier durant la période de confinement et la période post-confinement. Car, selon le sondage du Care, les mesures annoncées par les pouvoirs publics, dont le report de déclarations du G50 et de la CNAS, sont considérées comme insuffisantes par 76% des entreprises.

Lire aussi : Confinement : Quelles conséquences sur l'économie algérienne ?