Décidément, le marché pétrolier connaît la période la plus sombre de son histoire. Les prix du pétrole continuent leur chute vertigineuse de jour en jour. Ce mardi 28 avril est une journée sombre pour l’or noir. Le « Light sweet crude » (WTI), référence américaine du brut, a plongé de 11.66 %, à 11.29 dollars. La veille, il avait déjà perdu un quart de sa valeur. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence sur le marché international, a perdu 3.55 %, à 19,28 dollars le baril.

Cette dégringolade intervient après l’annonce de l'US Oil Fund, un fonds indiciel coté (ETF) sur le pétrole, de la vente de tous ses avoirs de WTI livrable en juin. Cette décision a fait chuter les cours de pétrole sur les marchés asiatiques. Ainsi, les capacités de stockage du pétrole pourraient bientôt atteindre leur limite. Cette annonce a jeté l’effroi sur les marchés. Elle a fait augmenter la crainte de voir les contrats de juin coter à prix négatif dans cette conjoncture d'effondrement de la demande de pétrole.

Stephen Innes, stratège du marché mondial d'AxiCorp, explique que « cette vente étonnante est en partie liée aux centres de stockage qui se remplissent rapidement ». Il ajoute qu’elle « entraînera une distorsion massive des prix entre juin et juillet ».

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Problèmes de stockage

Bjornar Tornhaugen, analyste du cabinet Rystad Energy, révèle que « nous sommes partis pour atteindre la limite des capacités disponibles dans quelques semaines ». Il affirme que les prix ne peuvent que décliner davantage « car les producteurs n'auront bientôt nulle part où stocker leur pétrole. L'heure tourne et nous approchons le compte à rebours final si aucune mesure supplémentaire n'est prise ». En effet, depuis l'apparition du virus, les rares places encore disponibles sur les supertankers, ces gigantesques bateaux utilisés pour stocker le pétrole en mer, sont louées à prix d'or. Le marché se retrouve saturé sans possibilité de stocker le pétrole produit.

Sombres perspectives

Face à l’effondrement de la demande lié aux restrictions de transport et de l'activité économique imposées pour éviter la propagation du Covid-19, les analystes restent sceptiques. En effet, ils prévoient le retour des prix en territoire négatif au cours des prochains jours. «Quand personne ne veut du pétrole qui est produit, quand il n'y a nulle part où le stocker, alors c'est comme une patate chaude que personne ne veut garder entre ses mains», affirment les analystes de Rystad Energy.

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