Abdelmadjid Chikhi, conseiller auprès de la présidence, chargé des archives et de la mémoire nationale, s'est attaqué violemment à la France ce jeudi 7 mai. Le conseiller de Tebboune accuse ce pays de vouloir livrer un combat acharné contre les "composantes de l'identité algérienne".

En effet, invité ce jeudi à la chaîne I de la radio nationale, Abdelmadjid Chikhi n'a pas été tendre avec la France qu'il accuse de livrer une lutte acharnée "contre les composantes de l'identité nationale". Pour lui, ces composantes sont la langue arabe, l'islam et les coutumes et traditions ancestrales.

Abdelmadjid Chikhi estime que la France a déjà lutté contre ces "composantes" du temps de la colonisation et elle continue à le faire aujourd'hui encore. Le conseiller de la présidence épingle aussi les "historiens algériens laïques". Selon lui, ces derniers ont écarté de l'histoire les éléments qui constituent l’identité algérienne. « Nous savons tous que ces composantes ont permis au peuple algérien la sauvegarde de sa personnalité », estime-t-il.

Une approche algérienne dans la transcription de l'histoire ?

Dans ce contexte, le conseiller de Abdelmadjid Tebboune déplore l'absence d'une approche algérienne dans la transcription de l'histoire. Pour lui, ceux qui ont retranscrit l'histoire de l'Algérie dans la langue française ont adopté l'approche du colonisateur. Cette méthodologie exclut les "composantes essentielles de la personnalité algérienne", plaide-t-il. Pour appuyer ses déclarations, il soutient que les écrits de Mebarek el Mili et Cheikh Abderrahmane El Djilali n'ont pas été pris en considération.

Ainsi, lors de son intervention, Abdelmadjid Chikhi estime que la transcription de l'histoire de l'Algérie n'a pas été faite correctement. A ce titre, il plaide pour la création d'une approche algérienne pour y remédier. Il invite, à l'occasion, les universités et les historiens à prendre leurs responsabilités dans la transcription de l'histoire du pays.

Abdelmadjid Chikhi a rappelé, par ailleurs, que les négociations avec la France pour la récupération des archives sont temporairement suspendues, à cause de la pandémie de coronavirus. A ce sujet, il estime que la France manque de volonté politique pour mener à bien les négociations.

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