Algérie : Les interventions militaires de l'ANP à l’étranger seront-elles autorisées ?

L’armée algérienne pourrait, à l’avenir, envoyer des troupes à l’étranger pour des missions militaires ou de maintien de la paix. C’est l’une des propositions émises dans l’avant-projet de révision de la Constitution rendu public jeudi 7 mai par la présidence de la République. Il s’agira de la constitutionnalisation de la participation de l’Algérie à des opérations de maintien de la paix sous mandat de l’ONU.

Cet amendement de la Constitution permettra, s’il venait à être approuvé, de mettre fin à la doctrine non-interventionniste de l’armée algérienne hors de ses frontières. Cette disposition constituera un changement radical de la politique militaire algérienne qui aura un fort impact géopolitique dans la région. Mais aussi et surtout un atout important pour la diplomatie algérienne dans la gestion des conflits régionaux et internationaux.

Quoi qu'il soit bien spécifié que l’avant-projet de révision de la Constitution sera soumis à discussion et éventuellement à modification, l’« article 95 (anciennement 91) dispose que parmi les pouvoirs du président de la République, la décision d’envoyer des unités de l’armée à l’étranger après vote de la majorité du parlement par les deux tiers de ses membres ».

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Il est également question d’une proposition de la « constitutionnalisation de la participation de l’Algérie à des opérations de restauration de la paix dans la région, dans le cadre d’accords bilatéraux avec les pays concernés » et de la « constitutionnalisation de la participation de l’Algérie à des opérations de maintien de la paix sous mandat de l’ONU », prédispose le texte.

Un texte à débattre et à enrichir

Par ailleurs, les services de la présidence de la République ont entamé, jeudi, la distribution de la mouture de l'avant projet de révision de la Constitution.  Les propositions du Comité d’experts s’articulent autour de six axes principaux.

Il s’agit des “droits fondamentaux et des libertés publiques”, du “renforcement de la séparation entre les pouvoirs et leur équilibre”, du “pouvoir judiciaire”, de “la Cour constitutionnelle”, de “la transparence, la prévention et la lutte contre la corruption”, et de “l’Autorité nationale indépendante des élections”, liste le communiqué de la présidence.

Le texte est mis à la disposition des chefs de partis politiques, personnalités nationales, académiciens, responsables d'organisations professionnelles, syndicales et estudiantines, associations de la société civile ainsi qu'aux directeurs d'institutions médiatiques. Ce panel est invité à débattre et à enrichir cet avant-projet.

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