La Kabylie a renoué dimanche 10 mai avec les marches. Des centaines de manifestants ont battu le pavé dans la commune de Tizi Gheniff, à Tizi Ouzou. Cette manifestation a été organisée en guise de soutien à cinq activistes du Hirak de la région, qui ont été convoqués par la Sûreté de daïra locale. 

Des centaines de personnes ont répondu à l'appel. Portant pour la plupart des masques de protection contre le coronavirus, les manifestants ont sillonné les différentes artères de la ville. Ils ont renoué avec la rue et les slogans chers au Hirak. "État civil et non-militaire", "Algérie libre et démocratique", entonnaient-ils. Des banderoles antirégime ont été également déployées par les manifestants qui se sont quittés dans le calme à la fin de la marche.

Il s'agit de la première manifestation de rue en Algérie depuis l'apparition du coronavirus. Le mouvement du Hirak, qui a ébranlé le pays depuis plus d'une année, est suspendu par mesure de précaution contre la propagation du Covid-19. Le gouvernement algérien avait interdit, mars dernier, touts les regroupements, ces derniers étant des vecteurs majeurs de contamination.

Le Hirak ressuscité ?

En Kabylie toujours, la semaine dernière, quelques dizaines de jeunes ont pris d'assaut le commissariat de Tigzirt (Tizi Ouzou). Ces derniers réclamaient la libération de certains de leurs camarades qui auraient été arrêtés par la police. Il s'agit, selon eux, de jeunes activistes. Ces derniers auraient été libérés suite à ce mouvement de protestation.

Depuis que le confinement a été décrété, le Comité national pour la libération des détenus (CNLD) a fait état de plusieurs arrestations du genre dans les quatre coins du pays. Soutenus par les populations locales, certains ont refusé de répondre aux interpellations de la police. C'est le cas de quelques activistes convoqués récemment dans la localité Guenzet, relevant de la wilaya de Sétif.

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