Des membres du Congrès américain ont sévèrement critiqué les autorités algériennes au sujet de la fermeture des églises. Les représentants américains ont signé une lettre adressée, vendredi, au président algérien, Abdelmadjid Tebboune. Ils rappellent que la Constitution algérienne dispose que « la liberté de croyance et d'opinion est inviolable ».

Le groupe de représentants américains, conduit par l’élu du Coloradio Doug Lamborn, indique que « nous avons des raisons de croire que ces fermetures d'églises font partie d'une campagne sous la direction précédente de l'Algérie pour empêcher les chrétiens d'exercer librement leur foi et leur religion ».

La lettre ajoutait que « les rapports (sur les fermetures d'églises) sont troublants car la Constitution algérienne définit clairement la liberté de religion pour tous. Ces fermetures constituent un obstacle évident à la libre pratique et à l'exercice de la religion en Algérie. Ces libertés doivent être garanties à tous les Algériens. »

Le représentant du Colorado, Doug Lamborn, explique que « l'automne dernier, j'ai conduit plusieurs de mes collègues du Congrès des États-Unis à contacter le gouvernement algérien au sujet de certains rapports très préoccupants concernant des fermetures d'églises. Comme vous le savez peut-être, 13 églises en Algérie restent fermées par le gouvernement algérien depuis novembre 2017. Les fermetures ont culminé en octobre 2019, lorsque les autorités ont fermé les églises les plus importantes du pays, y compris l'église protestante du Plein Évangile de Tizi Ouzou ».

Abdelmadjid Tebboune interpellé

Les politiciens américains ont appelé le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, à « fortement encourager la création de protections constitutionnelles supplémentaires et d'autres structures juridiques pour que tous les Algériens puissent pratiquer la foi de leur choix. Nous appelons votre gouvernement à autoriser la réouverture des églises que vous avez déjà fermées et à créer un moyen viable par lequel les églises peuvent obtenir une autorisation complète de fonctionner », souligne-t-on.

Les membres du congrès estiment que « la meilleure défense contre ceux qui cherchent à porter atteinte aux droits de l'homme est de protéger le droit de chacun à la liberté de pensée, de conscience et de religion. Cette liberté est une condition préalable à toutes les autres libertés auxquelles nous croyons. »

A noter que la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale (USCIRF) a inclus pour la première fois l'Algérie dans le rapport annuel 2020 sur les pires pays violateurs de la liberté de religion au monde.

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