Les marches et autres mouvements de protestation en soutien aux détenus se multiplient en Kabylie. Tigzirt et Tizi Gheniff, dans wilaya de Tizi Ouzou, ont montré la voie la semaine dernière. La ville de Bejaïa a suivi en abritant un rassemblement pacifique. Plus récemment, soit dans la nuit de ce samedi 16 mai, ce fut au tour des habitants de la localité Ouacifs, à l'est de Tizi Ouzou, de descendre dans la rue. 

Cette marche nocturne a drainé une foule nombreuse. Les manifestants, qui ont bafoué la mesure de confinement instaurée dans le cadre de la lutte contre le coronavirus, ont sillonné les différentes ruelles de la localité. Ils ont renoué à l'occasion avec les slogans chers au Hirak. Le mouvement s'est poursuivi pendant près d'une heure, indiquent des sources locales, avant que les marcheurs ne se séparent dans le calme.

Ces manifestations de rue en Kabylie commencent à inquiéter la société civile et la classe politique locale. On s'inquiète surtout pour la santé des citoyens au regard de la persistante du risque de contamination au coronavirus. Tout en affichant leur soutien aux détenus d'opinion, des élus estiment, en effet, que le moment n'est pas opportun pour organiser ce genre de manifestation.

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La société civile s'inquiète

Des maires et autres élus locaux appellent à la vigilance. Des élus à l'APW de Tizi Ouzou suggèrent, quant à eux, l'organisation d'une session APW dédiée spécialement au problème des arrestations et convocations de "Hirakistes". Pour eux, il faut agir et prendre à bras-le-corps ce problème pour préserver la santé publique.

Il faut dire que ce genre de rassemblement favorise la propagation du coronavirus. La lutte contre le Covid-19 impose le respect strict des mesures barrières, telles que la distance sociale et le port du masque de protection. Ce qui est loin d'être de mise dans une marche.

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