Le décès tragique d’une femme médecin enceinte à l’unité de santé Mohamed Bennani, dans la wilaya de Bordj Bou Arreridj, à l’est de l’Algérie, continue de faire des remous. Le député Lakhdar Benkhallef a appelé, vendredi 15 mai, le ministre de la Santé à ouvrir une enquête « en urgence » sur les circonstances de la mort de Mme Boudissa, âgée de 28 ans. Le ministre Abderrahmane Benbouzid n'a pas tardé à réagir. Il a affirmé, dans une déclaration au journal El Khabar, qu’une enquête administrative interne allait être ouverte.

Le ministre de la Santé a indiqué qu’il avait « ordonné l'ouverture d’une enquête qui ne sera pas judiciaire, mais administrative interne pour connaître les circonstances du décès du médecin, et si elle a été vraiment contrainte à travailler en dépit de son état de santé ».

Le Pr Benbouzid explique qu’il a « instruit l'inspecteur général au ministère de la Santé de mener une enquête pour déterminer les raisons qui ont contraint la défunte à travailler malgré sa grossesse, sachant que les instructions dans ce cadre sont claires quant à la mise en congé des femmes enceintes ». Et d’ajouter : « S'il se confirme qu'elle a été forcée de travailler, le directeur de l'hôpital ainsi que le supérieur hiérarchique de la défunte feront l'objet de mesures disciplinaires ».

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Le directeur de l’hôpital et le médecin du travail accusés de « négligence »

Plus tôt dans la journée, le député du Front de la justice et du développement avait adressé, sur sa page Facebook, un message « urgent » au ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, lui demandant de diligenter une enquête. Lakhdar Benkhallef accuse la direction de l’hôpital et le médecin du travail de « négligence » envers la femme enceinte. Il déplore qu’« en dépit de la disponibilité de ses collègues pour la remplacer, la direction de l’hôpital et le médecin du travail ont refusé la demande de la femme médecin, et même son congé de maladie. Ce qui lui a coûté la vie ainsi qu’à son fœtus ».

Le député affirme que la victime avait demandé à la direction de son hôpital un congé en application du décret présidentiel relatif à la mise en congé des femmes enceintes durant la pandémie de coronavirus. Toutefois, aucune suite favorable ne lui a été réservée.

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