Les échanges médiatiques tendus entre les agences officielles de l'Algérie et du Maroc n'en finissent plus. Cette fois-ci, c'est Rabat qui relance « l'attaque » contre son voisin algérien. En effet, vendredi 22 mai, l’agence marocaine de presse (MAP) s’en est pris avec virulence à l’Algérie. Un pays qu'elle estime "au bord du gouffre".

L'Algérie et le Maroc s'adonnent depuis quelques jours à une véritable guerre médiatique. Mardi 19 mai, Algérie presse service ( APS ) avait réagi de façon « violente » à une dépêche de son homologue marocaine. A son tour, l'agence officielle du Maroc, MAP, n'a pas tardé à revenir à la charge pour s’en prendre à l’Algérie.

La MAP parle d'une « Algérie (qui) arrive difficilement à entrevoir le bout du tunnel ». La dépêche évoque ainsi le "Hirak" mais aussi le scrutin présidentiel du 12 décembre et l’élection de Abdelmadjid Tebboune qui « contrairement aux promesses électorales d’observer un apaisement dans le rapport entre le pouvoir et le mouvement de revendication, la répression, les arrestations, les incarcérations et la censure ont été érigées en cheval de bataille des tenants du pouvoir qui n’ont pour seule cure que d’assurer la continuité d’un système en faillite ».

« Sauver l’Algérie de l’effondrement »

Par ailleurs, l’agence marocaine de presse a mis l'accent sur le rôle qu'a joué le Hirak, qui a révélé « au grand jour l’une des facettes du régime mis en place par les Bouteflika et des gouvernants algériens, celle de concevoir le pouvoir comme un instrument d’enrichissement personnel illicite ». Et de citer nommément Saïd Bouteflika, frère de l'ancien président Abdelaziz Bouteflika, les anciens généraux Tartag et Toufik, « les anciens Premiers ministres Ahmed Ouyahia et Abdelmalek Sellal »...

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L'organe de presse souligne qu' « au lieu de répondre aux revendications légitimes de ses citoyens, le pouvoir, fidèle à sa nature, ruse toujours et décide cette fois-ci de préparer sa propre succession, en envisageant de réviser la Constitution pour se maintenir malgré un bilan calamiteux qui a ruiné le pays ».

Avant de conclure, la MAP soutient que « face à ce bras de fer entre le pouvoir en place et le Hirak, auquel s’invitent des accidents et dépassements en tous genres, l’urgence ne sera bientôt plus de changer le système, mais de sauver l’Algérie de l’effondrement.».