Le rédacteur en chef du quotidien arabophone marocain Akhbar El Yaoum, Soulaïmane Raïssouni, a été écroué lundi 25 mai pour agression sexuelle sur un jeune homosexuel. Selon un article de l'AFP, il a été interpellé trois jours auparavant à la suite d'accusations publiées sur Facebook par un militant pour les droits des LGBT.

Le responsable de ce quotidien indépendant, pas très apprécié par les autorités du Maroc, a été mis en détention provisoire "pour les besoins d'une enquête sur des faits présumés d'attentat à la pudeur avec violence et séquestration", selon son avocat Saïd Benhommani. C'est une décision prise par le juge d'instruction près la Cour d'appel de Casablanca.

Son avocat précise également que Soulaïmane Raïssouni "nie tous les faits qui lui sont reprochés". La première audition du rédacteur en chef du journal arabophone marocain Akhbar El Yaoum est programmée pour le 11 juin, précise aussi son avocat.

L'homosexuel qui accuse le journaliste se tait

Le jeune homosexuel et militant des droits des LGBT (Lesbiennes, gays, bisexuels et transsexuels) n'a pas souhaité faire des commentaires à la presse. En tant que plaignant dans cette affaire, il aurait pu apporter des éclaircissements sur certains aspects de ces accusations.

D'ailleurs, c'est son silence qui fait croire aux soutiens du journaliste qu'il est impliqué dans "une campagne de diffamation relayée par les médias en ligne proches des services de renseignement", selon des termes du directeur de Reporters sans frontières (RSF), Christophe Deloire, qui a exprimé son "entière solidarité" avec Soulaïmane Raïssouni.

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Au Maroc, ce n'est pas la première attaque contre Akhbar El Yaoum

Il faut seulement rappeler que les éléments de ce quotidien indépendant font souvent l'objet d'accusations et de persécutions de la part de la police et des services de renseignements de Mohamed VI. D'ailleurs, Soulaïmane Raïssouni n'est autre que l'oncle de la journaliste Hajar Raïssouni qui a été condamnée dans une affaire d'avortement illégal, avant d'être graciée.

Aussi, le directeur de la publication du même journal, Taoufik Bouachrine, a été condamné l'année dernière à quinze ans de prison pour "viol", "traite d'être humain" et "agressions sexuelles". Rien que cela. L'accusé a toujours nié ces accusations, évoquant une "affaire politique" et des "preuves fabriquées".

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