L'Algérie va bientôt reprendre l'importation des véhicules neufs. En effet, le gouvernement a décidé d'autoriser de nouveau les concessionnaires à importer des voitures neuves après un arrêt qui a duré quatre ans. Si les Algériens se réjouissent de cette nouvelle qui ferait baisser les prix des véhicules en Algérie, elle pourrait avoir, cependant, des conséquences néfastes sur l'économie algérienne et les réserves de change.

Les concessionnaires automobiles vont bientôt renouer avec l’importation des véhicules neufs en Algérie. Une décision qui s'inscrit dans le projet de loi de finances complémentaire 2020. Le ministre algérien de l’Industrie et des Mines, Ferhat Aït Ali a expliqué que « le gouvernement a recouru à l’importation par le biais des concessionnaires comme c’était le cas auparavant, afin de répondre aux besoins du marché». Cela en attendant « la mise en place de projets d’une véritable industrie automobile selon les normes internationales qui prennent en compte le taux d’intégration nationale et bénéfique au trésor du pays », avait-il indiqué.

La décision des autorités algériennes a été accueillie différemment. Si les citoyens la considère comme une bonne initiative qui réduirait les prix des voitures en Algérie, certains économistes voient en cette mesure un point négatif qui pourrait peser encore plus sur une économie algérienne déjà mal en point.

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Importation des véhicules neufs en Algérie, un impact sur les réserves de change

Houari Tigharsi, membre de la commission parlementaire des finances et du budget, ne comprend pas cette décision. Dans une déclaration accordée au journal Liberté, il dit qu'«au moment où on parle beaucoup de réduction des importations», cette proposition démontre «l’incohérence» dans la « politique de commerce international de l’Exécutif et dans la gestion des risques qui pèsent sur les réserves de change et sur les comptes extérieurs», estime-t-il.

L'expert financier explique en effet que les concessionnaires devront se procurer des fonds en devises des banques afin de régler leurs factures. L'importation des véhicules va ainsi certainement beaucoup peser sur les réserves de change. Un fonds dont le niveau baisse alors que les revenus pétroliers qui l’alimentaient chutent.

Les réserves de change de l’Algérie vont chuter à 44.2 milliards de dollars à fin décembre 2020. Plus, elles diminuent, plus la monnaie nationale se déprécie. «Le pays se trouve aujourd’hui, plus qu’il ne l’a jamais été, au bord d’une grave récession, et plus on tire sur le Trésor public, plus ses fonds se pulvérisent», s’alarme Houari Tigharsi.