Le président Abdelmadjid Tebboune a rendu un hommage particulier à l’ancien Premier ministre marocain Abderhamane El Youssoufi, décédé ce vendredi 29 mai à Casablanca, des suites d’une maladie. Le chef de l’Etat algérien a souligné les qualités d’un « homme d'Etat chevronné » et un « militant maghrébin exemplaire qui œuvre avec dévouement à jeter les passerelles de fraternité et de coopération entre les peuples maghrébins », lit-on dans le message de condoléances de la présidence adressé à la famille du défunt.

Le président algérien affirme avoir « appris avec une profonde tristesse et une grande affliction le décès tragique du grand militant maghrébin, le Professeur Abderrahmane El-Youssoufi (…) après une longue vie politique qu'il a consacrée à défendre la classe ouvrière, les valeurs de la liberté et de la Justice ».

Abdelmadjid Tebboune rappelle le parcours politique du « militant maghrébin exemplaire qui œuvre avec dévouement à jeter les passerelles de fraternité et de coopération entre les peuples maghrébins et aspire par la force du croyant sincère à réaliser le rêve des générations successives de bâtir l’édifice de l’Union du Maghreb arabe uni qui sert l’intérêt de ses peuples dans la solidarité, la fraternité et la paix, loin de toutes influences étrangères qui s’opposent à ses ambitions légitimes ».

Le chef de l’Etat souligne que « les Algériens se rappellent encore que le leader maghrébin, feu Abderrahmane El Youssoufi, était parmi les premiers à avoir soutenu la Guerre de libération bénie, dès son déclenchement, et coopéré avec ses dirigeants, vu qu'il était en contact permanent avec eux pour libérer la région de l'occupation étrangère abominable ».

Un militant du Grand Maghreb

Natif de Tanger, le 8 mars 1924, Abderrahmane El Youssoufi était l’un des artisans de la Conférence de Tanger (Maroc) ayant jeté les bases du projet du Grand Maghreb et ayant réuni, en 1958, les partis maghrébins nationalistes d’Algérie, du Maroc et de Tunisie.

L’homme, qui a passé la plus grande partie de sa vie dans l'opposition, a accepté après un long exil, en France, de mener un gouvernement, dès 1998, sous feu Hassan II. El Youssoufi restera en poste jusqu'aux législatives de septembre 2002. En 2003, il démissionne de son poste de Premier secrétaire de l'USFP et quitte la scène politique.

Durant ses longues années de militantisme dans l’opposition, feu Abderrahmane El Youssoufi a été condamné plusieurs fois par la justice marocaine. Il a été arrêté pour offense au roi en 1959. Il est, ensuite, condamné à la peine capitale en 1975, lors du grand procès sur l'assassinat de l’opposant Mehdi Ben Barka. El-Youssoufi sera, enfin, gracié par le roi en 1990.