Le Maroc ne serait pas à l’abri d’une agression militaire de l’armée algérienne. Selon l’expert marocain en géopolitique El Moussaoui El Ajlaoui, ce scénario doit être pris très au sérieux par les dirigeants marocains. Le géopoliticien croit savoir que l'amendement de la nouvelle Constitution, devant permettre à l’armée algérienne de participer à des missions militaires à l’étranger, ouvre la porte à une attaque contre le Maroc.

Dans un entretien accordé, jeudi 28 mai, au journal marocain Medias 24, l’expert en géopolitique El Moussaoui El Ajlaoui suggère que l’Algérie est en train de se préparer à une guerre contre le Maroc. Il cite plusieurs éléments qui, selon lui, seraient les signes prééminents d’une possible intervention militaire de l’Algérie en terre marocaine.

L’expert évoque un amendement constitutionnel troublant. « Ainsi, Tebboune veut réviser la Constitution algérienne avec un amendement permettant à l'armée algérienne de sortir de ses frontières pour des missions à l'étranger dans trois cas de figure », a-t-il déclaré.

Les trois cas de figure sont, rappelle-t-il, « soit avec un mandat de l'ONU, soit de l'Union africaine, de la Ligue Arabe ou encore si un Etat voisin en fait la demande à l'État algérien dans le cadre d'accords bilatéraux ». Le géopoliticien marocain souligne que « ce dernier cas de figure est très troublant car si le polisario, membre de l’Union africaine, réclame une aide militaire à l'Algérie, il n'est pas exclu de retrouver l'armée algérienne à l’est du mur ».

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Un scénario catastrophe n’est pas à exclure

Interrogé sur la possibilité d’une telle tentation de la part de l’Algérie officielle, le géopoliticien marocain estime que « s’il convient de rester optimiste, tous les scénarios sont à l'étude côté marocain, d'autant plus que le royaume a deux yeux braqués sur la frontière grâce à ses deux satellites Mohammed VI A et Mohammed VI B ».

L’analyste indique que « les déclarations de plus en plus violentes du nouveau régime algérien laissent perplexes et sont très inquiétantes, d’autant plus qu'on ne sait pas qui les orchestre et qui gère vraiment l'Algérie ».

Il explique qu’une attaque militaire dirigée contre le Maroc « permettrait aux dirigeants algériens de faire d'une pierre deux coups : à savoir diriger le mécontentement de l'opinion publique vers un conflit régional tout en réglant le problème des champs de schiste bitumineux en délocalisant les camps de réfugiés de Tindouf vers les zones de Bir Lahlou et Tifariti ».

Le Maroc compte sur le soutien des Etats importants

El Moussaoui El Ajlaoui révèle le scénario le plus plausible d’une agression algérienne sur « le territoire marocain ». Ainsi, « si le polisario décidait de s'installer dans le no man's land de Guergarat, présenté comme un territoire libéré, on pourrait avoir des bataillons de l'armée algérienne qui tenteraient de couper la route du Maroc vers la Mauritanie ».

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Néanmoins, « s’il ne faut pas exclure ce scénario catastrophe, je ne pense pas que l'Europe et surtout l'Espagne, avec ses îles Canaries proches du Sahara, permettront une confrontation armée entre l'Algérie et le Maroc, » reconnait le géopoliticien. Expliquant que « tout dépendra de l'évolution de la situation du Hirak et de la pression des grands États comme les USA et la France car la sécurité du Maroc impacte directement celle de la Méditerranée occidentale ».

« De plus, s'il devait y avoir une agression militaire, tout le monde serait du côté du Maroc qui joue un rôle fondamental de verrou du continent européen sans compter l’appui financier et moral des pays du Golfe qui soutiennent depuis toujours la cause du Sahara marocain, » conclut El Moussaoui El Ajlaoui.