En pleine crise sanitaire causée par la propagation de la pandémie de coronavirus, l'Algérie compte plus de 1 500 médecins spécialistes sans emploi. Malgré leur insistance, ils n'arrivent même pas à arracher leur affectation dans le cadre du service civil. Ils disent ne pas comprendre l'attitude des autorités, selon le témoignage de l'un d'eux recueilli par Observ'Algérie.

En fait, il s'agit de 1 552 médecins spécialistes dont la sortie de promotion a eu lieu en janvier 2020, précise ce jeune médecin spécialiste qui a requis l'anonymat. Ils attendent tous leur affectation dans le cadre du service civil, mais, pour eux, c'est le flou total. Le ministère de la Santé refuse de délivrer les décisions d'affectation alors que « nous avons fait le choix des postes et certains ont déposé des recours », assure-t-il.

Pire encore, à un moment où ils sont suspendus à une décision du département de Abderrahmane Benbouzid, ils disent avoir été surpris par « un accord signé pour ramener 800 médecins cubains pour une soixantaine de millions d'euros ». « On se demande pourquoi priver le système de santé des services de ces médecins spécialistes dans cette période critique », dit notre interlocuteur.

« Notre place doit être sur le terrain avec nos collègues », estime encore le médecin chômeur. Il ne comprend pas pourquoi le ministère refuse de leur remettre leurs affectations, et, en même temps, ne leur donne pas leurs diplômes pour aller exercer ailleurs. Ils s'estiment « otages » dans la mesure où les diplômes ne seront délivrés qu'après avoir passé leur service civil.

À lire aussi :  Abaya et qamis en France : Le port des tenues islamiques à l'école en forte hausse

Il est probable que les responsables du ministère de la santé ont peur que les nouveaux diplômés des facultés de médecine et des CHU soient tentés par un départ vers la France. Ce pays qui vit une crise de médecins et qui accueille les médecins algériens à bras ouverts.

Pourtant, le chef de l'Etat, Abdelmadjid Tebboune, a pris le 13 avril 2020 la décision de supprimer le service civil pour les médecins. Mais la mise en oeuvre tarde à venir. « Aucune mesure n'a été prise dans ce sens. L'Etat n'a pas préparé l'alternative à ce système de service civil qui est fonctionnel depuis plus de 30 ans. Jusqu'à maintenant, ce ne sont que paroles », précise notre interlocuteur, diplômé de la faculté de médecine de l'université d'Alger.

Dans son témoignage, notre interlocuteur dit préférer que les spécialistes aient « la liberté de choisir leur carrière ». « Avec notamment des mesures incitatives pour travailler dans les contrées éloignées des wilayas du sud », précise-t-il, non sans exprimer son refus de « vider le secteur public de ses compétences ».

Lire aussi : Algérie : Panique à Sétif après la contamination de nombreux médecins et infirmiers