Le professeur Kamel Bouzid, chef du service oncologie du Centre Pierre et Marie Curie d'Alger, s'est exprimé sur le paradoxe du secteur de la santé algérien, qui importe d'importantes quantités de médicaments et exporte, parallèlement, un grand nombre de patients. 

D'emblée, le Pr Kamel Bouzid préconise la dissolution de la Commission médicale nationale d’étude des dossiers de transfert pour soins à l’étranger. Car, selon ce médecin, cette commission s'éloigne de son objectif initial. « Il y a manipulation en matière de transfert de patients vers l'étranger », dénonce-t-il sur les colonnes du quotidien arabophone El Khabar.

Le Pr Kamel Bouzid a rappelé que la commission en question était composée au départ de 22 professeurs de diverses spécialités et issus de toutes les régions du pays. « Nous nous réunissions une fois par semaine pour étudier les dossiers des patients qui nécessitaient un transfert vers l'étranger », a-t-il déclaré. Aujourd'hui, déplore-t-il, la commission est réduite à quatre membres, contraints d'étudier un nombre important de dossiers.

D'autre part, le Pr Kamel Bouzid estime qu'il est grand temps pour l'Algérie de récupérer ses médecins partis à l’étranger, particulièrement en France. Selon ce praticien, leur nombre tourne autour de 20 000 spécialistes.

Vers une nouvelle politique de santé

Dans le même sillage, le Pr Kamel Bouzid estime que l'argent consacré au transfert des patients à l'étranger doit servir au renfoncement des moyens matériels des hôpitaux algériens. « Nos médecins sont compétents et capables de superviser le traitement de divers cas », assure-t-il. Il cite l'exemple de la transplantation hépatique, une intervention pratiquée dans « divers hôpitaux algériens », ainsi que la transplantation de la moelle épinière.

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Kamel Bouzid suggère, dans ce cadre, de mettre à la disposition du personnel médical les moyens et les équipements nécessaires à l'accomplissement de leur devoir. C'est à partir de ce moment-là, dit-il. qu'on évaluera à juste titre la qualité des soins prodigués par les praticiens locaux.

En définitive, pour ce chef de service, l'Algérie dispose de compétences médicales qui ne demandent qu'à être soutenues et accompagnées par les services de l'Etat à travers l'amélioration du système de santé.

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