Le président de la Commission de révision de la Constitution, Ahmed Laraba, et son rapporteur Walid Laggoune se sont exprimés sur la mouture de cette dernière dans une interview parue dans le journal Liberté ce mardi 9 juin. Ahmed Laraba a affirmé que le peuple n'était pas encore prêt pour admettre le concept de la citoyenneté. Il indique qu'un citoyen algérien n'est pas forcement Amazigh, Arabe ou musulman. 

Ainsi, faute de débat sur la nouvelle mouture de la Constitution, une nouvelle polémique sur les éléments de l'identité nationale prend place sur les réseaux sociaux. le président de cette commission, qui a parlé de gradualité dans la mise en place de certaines dispositions dans la Constitution algérienne ainsi que de la demande sociale, affirme indirectement que le peuple algérien n'est pas assez mûr pour accepter certains concepts modernes.

Il a affirmé que « la question de la citoyenneté n’est pas encore réglée dans notre pays », avant d'ajouter qu'« une Constitution est faite pour des citoyens et non pour des croyants. L’idée de la citoyenneté n’est pas encore admise. Vous pouvez être Algérien sans être Amazigh, Arabe ou musulman ». Il a ajouté que si ces éléments font partie de la mouture de la nouvelle Constitution, c'est parce que « ce sont des équilibres précaires qu’il ne faut pas toucher pour l’instant ».

La lutte contre la corruption est une revendication profondément hirakiste

Dans la même interview, les deux responsables du comité d'experts sont revenus sur la démarche de leur équipe. Walid Laggoune indique que « l’élaboration d’une Constitution se fait selon des facteurs. Le premier est la demande sociale, c’est l’exemple de tamazight. La question a été prise en charge suivant l’évolution de la demande, du combat de militants qui se sont battus pour cette cause ».

Quant au professeur Laraba, il a tenu à donner l'exemple de la lutte contre la corruption. « Objectivement, cette disposition pouvait par exemple être prise en charge dans la Constitution de 1996. Cela n’a pas été le cas parce qu’à ce moment-là, le mouvement de lutte contre la corruption dans le monde était naissant. Les choses ont radicalement changé au début des années 2000 parce que la société des États, pressée par le mouvement associatif et les citoyens, a consacré des conventions de la lutte contre la corruption », a-t-il souligné.

Il ajoute que « cela est une revendication profondément hirakiste. Elle est donc prise en charge par non seulement les propositions de l’avant-projet de la révision constitutionnelle, mais également dans le préambule ».

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