L’Union nationale des étudiants français (UNEF) à laquelle se joint un collectif plus élitiste a appelé pour l’annulation du plan « Bienvenue en France» qui débouche sur la multiplication par seize des frais d’inscription pour les étudiants, dont les Algériens, rapporte ce mercredi 10 juin le média français Libération.

Selon la même source, les étudiants algériens et provenant des pays hors Union européenne payent 16 fois plus cher la somme d’inscription aux formations qualifiantes. Ainsi, en 2019, les frais sont passés à 2770 euros en licence et 3770 euros en master (contre 170 et 243 euros auparavant). Une réforme des plus décriées par les syndicats estudiantins qui se sont indignés.

Le Conseil constitutionnel qui s’est formé en soutien à l'UNEF déclare que « dans les universités, personne ne veut de cette prétendue équité financière. Personne n’en veut car elle est contraire à la vocation même de notre enseignement supérieur. Permettre à toutes et tous d’accéder à une formation. Former toute une population sans frontières de nationalité ». Et de déclarer ainsi son refus de « cette pseudo équité financière, réelle discrimination des étudiants étrangers hors Union européenne ».

«Le savoir doit être libre, et ne connaître aucune frontière »

À noter que l’Union nationale des étudiants français (UNEF) est rejoint dans sa revendication par un cercle de plus en plus élitiste. Ils forment le conseil constitutionnel composé d’étudiants, enseignants, universitaires, syndicalistes, personnalités politiques, économistes, parlementaires, avocats, militants et citoyens.

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Un collectif des plus déterminés qui refuse catégoriquement l’enseignement supérieur des plus riches en France. « Nous n’acceptons pas que deux étudiants dans la même salle de classe ne paient pas les mêmes frais pour assister exactement aux mêmes formations. Le savoir doit être libre, et ne connaître aucune frontière ».

Des étudiants algériens en plein précarité

Par ailleurs, le Conseil constitutionnel met l’accent sur les difficultés rencontrées par les étudiants étrangers dont les Algériens qui se sont accentué dans cette période de pandémie de covid-19. « A l’heure où la précarité étudiante ne cesse de progresser, où les récentes réformes n’ont cessé d’aggraver les choses, beaucoup d’étudiants ont perdu des sources de revenus du fait du confinement. Les étudiants ne peuvent pas et ne doivent pas payer plus ».

Un appel des plus poignants et marquant une extrême solidarité. Avant de conclure, le collectif a appelé les étudiants étrangers à continuer «de résister face à cette réforme discriminatoire » et aux gouvernants de prendre leurs «responsabilités, n’attendez pas la sanction juridique pour abroger ce plan inique ». Notons enfin que le gouvernement français se réunira le 12 juin prochain. Il se prononcera ainsi sur le plan « Bienvenue en France » et décidera de la suite à accorder à cette affaire.