Arrêtés lors de la marche avortée de vendredi 12 juin à Bejaïa, en Kabylie, trois manifestants ont été placés sous mandat de dépôt après leur comparution directe, ce samedi, devant tribunal de la même ville. Il s'agit de Merzoug Touati, Yanis Adjlia et Amar Beri. Selon le Comité national pour la libération des détenus (CNLD), qui a relayé cette information, leur procès est renvoyé au 17 juin, à 14 heures. 

Plusieurs chefs d'accusation sont retenus contre les trois détenus, indique la même source dans un communiqué. Ainsi Merzoug Touati est poursuivi pour « incitation à attroupement, publication et distribution de publications pouvant porter atteinte à l’unité nationale et mise en danger de la vie d’autrui durant la période du confinement ».

Yanis Adjlia, lui, devra répondre des accusations d'« incitation à attroupement non armé, publication pouvant porter atteinte à l’intérêt national et mise en danger de la vie d’autrui durant la période du confinement ».

Quant à Amar Beri, le tribunal a retenu à son encontre les griefs d'« atteinte à la personne du président de la République, outrage à corps constitué, incitation à attroupement non armé et mise en danger de la vie d’autrui durant la période du confinement », toujours selon le CNLD.

Procès renvoyé au 17 juin

Pour rappel, vendredi 12 juin, des manifestants avaient tenté de renouer avec le mouvement du Hirak à Bejaïa. La marche a été violemment réprimée par les services de sécurité.

Le Comité national pour la libération des détenus avait fait état, dans la soirée de la même journée, de plusieurs arrestations au sein des manifestants. Si la plupart d'entre eux ont été relâchés quelques heures plus tard, ce ne fut pas le cas des Merzoug Touati, Yanis Adjlia et Amar Beri. Ces derniers avaient été placés en garde à vue au commissariat central de Bejaïa avant d'être déférés devant la justice.