Pour rapatrier les dépouilles de leurs proches décédés en France, les Algériens établis dans ce pays doivent souvent mener un long combat administratif. Karim Dahmani, un Franco-Algérien, raconte son "calvaire" pour rapatrier le corps de son défunt père, inhumé en France. Cet habitant de Roubaix espère faire exhumer le corps de son défunt père pour pouvoir le transférer et l'enterrer en Algérie, son pays natal. C'est l'espoir de nombreuses autres familles musulmanes qui vivent en France, indique le média France bleu, ce lundi 15 juin.

Le Franco-Algérien Karim Dahmani dit souffrir de cette situation. « Tant que mon père sera enterré ici, on sera toujours en deuil. C’était son souhait, il voulait être enterré en Algérie à côté de son grand-père, donc la question ne se pose pas », dit-il avec tristesse.

Décédé à l’hôpital de Tourcoing, le 9 avril dernier, à l’âge de 77 ans, le père de Karim Dahmani a été a été inhumé dans le carré musulman du cimetière de Roubaix. L'opération de son rapatriement s'annonce compliquée, à cause des soupçons d'une mort due au Covid-19.

L'Algérie autorise le rapatriement des dépouilles, mais ...

Par ailleurs, l'Algérien explique qu'il est passé par les Pompes funèbres musulmanes Sounna, afin de s’occuper de l’inhumation du corps de son défunt père. En temps normal, l’entreprise organise le rapatriement des corps des défunts. Mais depuis le début de la pandémie provoquée par le coronavirus, les rapatriements des corps sont soumis à des directives bien déterminées qui rendent la tâche de plus en plus difficile.

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A noter que le gouvernement n'avait donné l'autorisation du rapatriement des dépouilles des Algériens décédés du coronavirus que le 30 mai dernier. Par ailleurs, cette opération se fait à bord d'avions cargos. Ce qui veut dire que les proches du défunt ne peuvent en aucun cas accompagner le corps.

Il faut exhumer les corps

Afin qu'il puisse rapatrier la dépouille de son père, Karim Dahmani devra devra d'abord la faire exhumer. Mohamed Ouhamed, gérant des pompes funèbres musulmanes, soutient que « dans l’immense majorité des cas, les familles qui n’ont pas eu d’autre choix que de faire inhumer le corps ici, ont l’intention de le faire exhumer plus tard pour le rapatrier ». Une volonté réalisable à condition d’avoir accès aux autorisations y afférentes.

De son côté, le vice-président régional de la Fédération française des pompes funèbres explique qu’ « une personne qui a été enterrée dans un cercueil traditionnel doit être exhumée pour être placée dans un cercueil hermétique afin de pouvoir procéder au rapatriement ».