L'ancien ministre de la Culture et de la Communication Abdelaziz Rahabi a réagi, ce mardi 23 juin, aux images de l'ex-Premier ministre Ahmed Ouyahia, prises à l'enterrement de son frère Laïfa dans un cimetière à Alger. L'homme politique a exprimé sa « honte » du « triste spectacle » que l’autorité judiciaire aurait pu éviter.

Dans un message posté sur son compte Facebook, l'homme politique algérien Abdelaziz Rahabi estime que « l’autorité judiciaire, qui a autorisé le prévenu Ahmed Ouyahia à assister à l’enterrement de son frère, aurait dû également assurer au citoyen Ouyahia les conditions de dignité et de sérénité ». Selon lui, « le triste spectacle donné dans un lieu de recueillement squatté par des médias en dessous de tout et de badauds voyeuristes ne fait pas honneur aux pouvoirs publics ».

Celui qui a occupé de nombreuses fonctions au sein du gouvernement algérien dans les années 90 a également indiqué que cet incident « donne une image indigne d’un pays dont le peuple est reconnu pourtant pour ses valeurs de compassion devant la mort et de tolérance devant l’adversité ». Et de conclure : « J‘ai honte pour nous ».

La sortie de prison autorisée, lundi 22 juin, d'Ahmed Ouyahia pour assister à l’enterrement de son frère, Laïfa, décédé dimanche des suites d’un arrêt cardiaque, a fait le buzz en Algérie. Les nombreuses images et vidéos de l’ancien Premier ministre algérien, menotté et encerclé d'un important dispositif sécuritaire, ont fait beaucoup de bruit.

Présence d'Ouyahia à l’enterrement de son frère : Les explications du ministère de la Justice

Réagissant à la polémique, le ministère de la Justice a voulu clarifier les choses au sujet de la présence d'Ahmed Ouyahia aux funérailles de son frère. Dans un communiqué diffusé sur son site officiel, le département de Belkacem Zeghmati a indiqué qu'Ouyahia avait bénéficié de cette autorisation conformément à la procédure légale prévue dans l'article 56 du règlement pénitentiaire et de la loi de réinsertion sociale des détenus. Le même ministère ajoute que cette mesure a toujours été appliquée et que de nombreux détenus ont en déjà bénéficié.

« L'autorisation du détenu Ahmed Ouyahia a été délivrée par ordonnance du parquet suite à une demande présentée par sa défense conformément aux formes légales », conclut le communiqué.

Lire aussi : Algérie : Les magistrats revendiquent l’indépendance de la justice