L’ex-président tunisien Moncef Marzouki a affirmé, dans un entretien accordé au quotidien panarabe El Quds Al Arabi, que l’Algérie avait refusé en 2012 son projet de réactivation de l’Union du Maghreb arabe sans résolution préalable du conflit au Sahara occidental. Moncef Marzouki a révélé que les responsables algériens s'étaient opposés à sa proposition de laisser de côté la question du Sahara occidental.

Le président tunisien de 2011 à 2014 est revenu sur sa tournée, du 8 au 13 février 2012, dans les trois capitales maghrébines, Nouakchot, Alger et Rabat, pour la relance de son plan pour un Maghreb uni. Moncef Marzouki indique que « toutes les parties ont accepté l’offre à l’exception des autorités algériennes ».

Il raconte avoir proposé aux dirigeants maghrébins de séparer le conflit au Sahara occidental de la relance de la construction de l’Union du Maghreb arabe. Une proposition que l’Algérie aurait déclinée, insistant sur la nécessité d’une résolution préalable de la question sahraouie avant toute discussion.

Moncef Marzouki souligne que son projet consistait à donner la priorité aux « cinq libertés : la circulation, le travail, la résidence, la propriété et la participation des citoyens maghrébins aux élections communales qui se déroulent à l’intérieur de la région». Sa proposition était de discuter du conflit du Sahara occidental dans le cadre d’une organisation du Maghreb uni.

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L’Algérie, dirigée à l’époque par Abdelaziz Bouteflika, a insisté sur une solution du conflit entre le front Polisario et le Maroc par l’organisation d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, conformément aux résolutions des Nations unies.

Par ailleurs, l’ancien dirigeant tunisien ne désarme pas pour autant. Il affirme rester toujours attaché à sa démarche pour l’avènement d’un grand espace maghrébin. Car, selon lui, « si la situation continue telle qu'elle est, ni les Algériens ni les Marocains ni les Tunisiens n'auront d'avenir ».

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