Saïd Sadi a annoncé son intention d'ester en justice deux figures du mouvement Rachad qui l'ont accusé d’être complice dans l'assassinat de Matoub Lounes. L'ancien président du RCD s'est exprimé sur cette affaire dans une contribution sur sa page Facebook, jeudi 25 juin, dans laquelle il a dénoncé la volonté du mouvement islamiste d'accaparer la mémoire de Matoub Lounes et de l'instrumentaliser.

Le docteur s'est d'emblée attaqué aux islamistes qu'il a qualifiés de charognes. Il affirme que "toute honte bue. Hier et aujourd’hui, ce sont deux individus appartenant à la mouvance qui l’a enlevé et qui ne l’a relâché que sous la pression de centaines de milliers de citoyens qui ratissaient monts et vaux pour le retrouver, la mouvance qui l’a assassiné pour son propre compte ou celui de ceux qui lui ont vidé un chargeur dans l’abdomen qui veulent nous le voler et faire dire à son combat le contraire de ce qui l’a animé".

Saïd Sadi rappelle que « Matoub a dit haut et fort ce qu’était sa conception de la vie, sa vision de la cité et ses idées sociétales. Matoub a déclaré publiquement : "Je ne suis pas Arabe et je ne suis pas obligé d’être musulman" », rappelle-t-il.

Saïd Sadi a fait allusion, sans les nommer, à deux militants du mouvement islamiste Rachad activant en Europe. Il s'agit de Amir Dz et de Mohamed Larbi Zitout qui ont profité de la commémoration du 22e anniversaire de l'assassinat de Matoub pour accuser Saïd Sadi d’être derrière ce meurtre. Il déclare qu'"il y a pire qu’un criminel : l’assassin lâche qui est un déchet de l’humanité. C’est à cette catégorie qu’appartiennent les deux aboyeurs de Rachad qui viennent de profaner la mémoire de Lounes, atteignant du même coup l’honneur de tous ceux qui ont partagé son rêve d’une Kabylie fidèle à elle-même et l’avènement d’une Algérie laïque, libre et démocratique".

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"Les délinquants politiques doivent être traînés devant les tribunaux"

Le docteur Saïd Sadi conclut que devant ces accusations, seule la justice peut trancher. Il a annonce : "Pour ce qui me concerne j’ai adopté une démarche simple. Les délinquants politiques doivent être traînés devant les tribunaux. Et c’est ce qui sera réservé cette fois encore aux accusations de ces deux énergumènes. La forfaiture aujourd’hui doit être punie parce qu’il est de notre devoir de protéger tout ce que Lounes a chanté avec talent, générosité et ferveur ; nous devons aussi protéger une vie d’honneur et de sacrifices dédiée sans ambiguïté à la lutte contre l’intégrisme et le système qui leur a abandonné l’école et le destin de la femme, notamment".

"Je m’étais interdit de m’épancher en ce 25 juin sur l’assassinat du Rebelle. Sa mort a été triturée tant de fois, marchandée et souillée que ses amis ont fini par préférer le recueillement intime. Trois procès en diffamation ont été engagés et gagnés contre ses croque-morts politiques", a tenu à rappeler Saïd Sadi.

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