La crise sanitaire, l'ouverture des frontières, le 5e mandat de Bouteflika, le mouvement Hirak et la révision de la Constitution sont entre autres sujets évoqués lors de l’interview du président de la République, ce samedi 4 juillet, sur France 24. Abdelmadjid Tebboune s'est également exprimé sur les relations diplomatiques avec la France et le Maroc.

Ainsi, concernant la crise sanitaire et le nombre de contaminations qui ne cesse de grimper ces quelques derniers jours en Algérie, le président Abdelmadjid Tebboune a indiqué que cela était notamment dû aux cérémonies familiales. Il a affirmé que si la situation l'exige et que la commission de suivi de l'épidémie le préconise, le retour au confinement ne sera pas écarté.

S'agissant des frontières fermées à cause de la propagation du coronavirus, le chef de l'Etat a indiqué qu’il n'était pas encore temps de trancher sur cette question. Selon Abdelmadjid Tebboune, cette décision sera prise après évaluation de la situation sanitaire du pays.

Dans un autre registre, le président de la République a souligné qu'il n'avait jamais soutenu le 5e mandat de Abdelaziz Bouteflika. Il explique que cette décision a germé en 2018 alors qu'il était écarté du gouvernement. Tebboune, qui s'est exprimé sur le sujet pour la première fois malgré ses différentes sorties médiatiques, a affirmé que la justice était libre de convoquer ou non l'ancien président.

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D'autres grâces en faveur des détenus d'opinion envisagées

Évoquant le Hirak et les militants arrêtés dans le cadre de ce mouvement, Tebboune a tenu à "lever une équivoque". La justice, a-t-il dit, a sévi suite à "l’insulte, l’incitation à attroupement et l’incitation à mutinerie". Il ajoute que "le problème, c’est l’insulte et l’invective".

En revanche, Tebboune n'a pas exclu d'autres grâces présidentielles à l'avenir. "En tant que président, j’exercerai mes prérogatives constitutionnelles de grâce chaque fois que cela est nécessaire", a-t-il affirmé, estimant que l'Algérie va vers " un climat apaisé". Pour ce faire, explique-t-il, l'Etat a décidé d'une nouvelle Constitution qui mettra, selon lui, fin à tout pouvoir centralisé.

Un référendum à la prochaine rentrée sociale

"Nous avons reçu environ 1 000 propositions autour de la mouture constitutionnelle qui sont à l'étude actuellement, et nous nous dirigeons vers un régime semi-présidentiel, avec des prérogatives plus larges pour le Parlement, afin que personne ne puisse décider seul à l'avenir", a souligné le chef de l'Etat.

Le président de la République a également annoncé que la future Constitution serait soumise à un référendum qui aurait lieu à la prochaine rentrée. "Probablement en septembre ou en octobre prochains", précise-t-il.

L'autre sujet évoqué lors de cette interview est relatif aux relations algéro- françaises. Le chef de l'Etat algérien estime qu'avec le président Emmanuel Macron, "sincère, honnête et propre sur le plan de la mémoire", "on peut aller loin, il peut apaiser la situation".

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"Avec Macron, on peut aller loin"

Le chef de l'Etat, qui a cité les "demi-excuses" de la France pour les crimes commis pendant la période coloniale, a sous-entendu une possible visite à Paris, qui serait suivie de celle du président Macron à Alger.

Concernant les relations de l'Algérie avec son voisin le Maroc, Abdelmadjid Tebboune estime que "nous n’avons aucun problème avec les Marocains. Il semble que ce sont les frères marocains qui ont problème avec nous", estime-t-il. Il dit souhaiter, néanmoins, que la tension qui caractérise les relations entre les deux pays cesse. "J’espère que ça va s’arrêter. Nous souhaitons le plus grand bonheur et tout le développement au peuple marocain frère", a-t-il conclu.