Le délégué national du Rassemblement national, Jean Messiha, s’est attaqué avec virulence à l’Algérie et au Front de libération nationale, à l’occasion du 58e anniversaire de l’indépendance du pays. Le membre du parti de l’extrême droite française a accusé les combattants du FLN d’avoir commis des crimes contre l’humanité. Dans un tweet posté sur son compte officiel, le député d’origine égyptienne a également ironisé sur les ressortissants algériens établis en France.

Jean Messiha, de son vrai nom Hossam Boutros-Messiha, a écrit à l’occasion de la Fête de l’indépendance de l’Algérie : « Le 5 juillet 1962 après une guerre où le FLN a multiplié les crimes contre l’Humanité, l’Algérie devenait indépendante. Premier réflexe de millions d’Algériens ? Rejoindre leur ancienne métropole au lieu de rester bâtir leur pays. Après le divorce, la France a la garde des enfants ».

Ce n’est pas la première fois que l'extrême droite s’en prend à l’Algérie. La présidente du RN, Marine Le Pen, s’est maintes fois attaquée à l’Algérie, appelant notamment à suspendre l’immigration en provenance de ce pays. La présidente du RN se sert souvent de l'actualité algérienne pour ses fins politiques.

Cette année, l’Algérie a célébré sa Fête d'indépendance par l'enterrement solennel et officiel de 24 crânes de ses tout premiers résistants, tués au début de la colonisation française, au XIXe siècle. La restitution des restes humains par la France a détendu les relations entre l'Algérie et l'ancienne puissance coloniale, marquées depuis l'indépendance, en 1962, par des polémiques récurrentes et des crispations.

La question mémorielle reste au cœur des relations volatiles entre la France et l'Algérie, alors que la France peine à solder son passé colonial.

L’Algérie veut des excuses officielles de la France

L’Algérie demande toujours des excuses officielles de Paris pour tourner la page du passé colonial et apaiser les relations conflictuelles entre les deux pays. Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, avait dit, samedi, attendre des excuses de la France pour la colonisation de l'Algérie, estimant que son homologue Emmanuel Macron peut « apaiser la situation ».

Abdelmadjid Tebboune avait déclaré : « On a déjà reçu des demi-excuses. Il faut faire un autre pas. On le souhaite ». Et d'ajouter, « Cela va permettre d'apaiser le climat et le rendre plus serein pour des relations économiques, pour des relations culturelles, pour des relations de voisinage », rappelant que plus de six millions d'Algériens vivent en France et qu'ils « peuvent emmener quelque chose là-bas et ici ».

Le chef de l'Etat algérien estime « qu'avec le président Emmanuel Macron, nous pouvons aller loin dans l'apaisement, dans le règlement du problème de la mémoire ». « C'est quelqu'un de très honnête, qui veut apaiser la situation (...) et permettre à nos relations de retrouver leur niveau naturel », a-t-il poursuivi, qualifiant le président français de « très sincère », « très propre du point de vue historique ».

Pour rappel, lors d'une visite à Alger en décembre 2017, le président français Emmanuel Macron s'était engagé à restituer les restes humains algériens entreposés au Musée de l'Homme. Avant son élection à la tête de la République française, il avait qualifié, à Alger, la colonisation de l'Algérie de « crime contre l'humanité ».

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