Le Syndicat national des médecins libéraux a dénoncé la mise à l’écart des médecins libéraux dans la gestion de la crise sanitaire, dans une déclaration rendue public le 5 juillet. Les médecins libéraux s'élèvent contre leur exclusion de la stratégie de lutte contre le Covid-19.

Le Dr Mustapha Benbraham, président du Syndicat national des médecins libéraux (SNML), évoque une situation intenable pour des praticiens "recalés du système de santé" et "lâchés" par la tutelle. Le syndicat dénonce l’absence d’équipements de protection. Il explique : "Aujourd’hui, avec la flambée des cas et la cohue qui caractérise le secteur public, les patients reviennent vers leurs médecins de famille et nous sommes en train de recruter les malades n’étant pas considérés comme première ligne, nous nous sommes retrouvés là par la force des choses".

Le Dr Mustapha Benbraham ajoute que "le danger, c’est que les médecins du secteur public sont préparés matériellement et psychologiquement à prendre en charge des malades atteints du Covid-19, ce qui n’est pas le cas du médecin de ville qui reçoit autant une angine qu’un Covid-19". Le porte-parole du syndicat révèle que les médecins libéraux ne disposent d'"aucun algorithme décidé par le ministère pour la prise en charge d’un cas suspect ni d’un parcours de soins effectifs. Quand on reçoit un malade suspect, on devrait pouvoir avoir un parcours de soins pour canaliser le malade et pouvoir évaluer la suite et ne pas le perdre de vue. S’il ne veut pas aller faire son scanner ou sa PCR, nous n’avons pas les moyens de le vérifier".

Les médecins libéraux abandonnés par la tutelle

Le Dr Mustapha Benbraham révèle que "depuis le début de la pandémie, les médecins libéraux n’ont reçu aucune note de la part de leur tutelle". Il précise que cette situation est "assez grave puisque le libéral prend 70 % des besoins de la population en matière de soins et 90 % en matière de biologie. Les seuls scanners qui fonctionnent sont quasiment ceux du privé. Comment est-ce possible de se passer de ce corps et de ne pas l’impliquer".

Le porte-parole du syndicat s'insurge : "Nous avons eu deux ou trois rencontres avec les deux ministres de tutelle pour être dotés des moyens de protection. Au début de la pandémie, il n’y avait pas de blouses, de sur-blouses ni même de masques. Comment pouvions-nous aller en guerre sans être équipés ?". Et d'ajouter : "Nous avions alors eu quelques promesses qui n’ont jamais dépassé ce stade. On avait imaginé des commissions ad-hoc au niveau des wilayas avec des pharmaciens référents pour pouvoir équiper les médecins mais cela a été une mesure dilatoire qui a traîné pendant deux mois".

Le docteur rappelle qu'"au début, on se fournissait auprès de la PCH, au bout de deux mois et demi, certaines wilayas ont reçu 5 bavettes par médecin, alors que le ministère avait défini l’équipement adéquat pour pouvoir exercer". Il indique que suite à ce manque de matériel, "les médecins ont alors été obligés pour certains de fermer leurs cabinets et on fait face aux menaces de retrait des agréments".
Dr Mustapha Benbraham rappelle que "les médecins libéraux ont payé un lourd tribut avec le décès de plusieurs d’entre eux et continuent de faire de la « comptabilité macabre » avec beaucoup de douleur et de colère".

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