Des dizaines de militants du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) ont annoncé leur démission collective du parti dans une lettre adressée à Mohcine Belabbas, jeudi 9 juillet. Les militants, de la wilaya de Tizi Ouzou, ont rendu publics les griefs retenus contre leur président de parti qu'ils accusent d'avoir "perverti le parti".

Les démissionnaires rappellent que « depuis sa création en 1989, le RCD a porté, contre vents et marées, les fondements démocratiques et républicains, sans détours ni dérobade à travers l’incontournable double rupture : contre le système et l’islamisme politique. C’est par cette lutte qui a coûté la vie à plus de 123 militants que le parti est devenu un symbole au niveau national et international. Le temps a fini par lui donner raison, y compris sur les pays les plus politiquement avancés ».

Les militants s'en sont pris à Mohcine Belabbas à qui ils reprochent ses accointances avec les islamistes. « Nous n’avons pas pensé que notre référentiel politique allait muter au point d’assister, un jour, à la négation de tous les fondamentaux pour lesquels nous nous sommes battus. Depuis la révolution du 22 février, l’intégrisme est devenu un allié politique du RCD. M. Mohcine Belabbas commence d’abord par signer un document avec Dhina. Lui, le Président et député du parti affirme, pour tromper l’opinion, qu’il n’engageait que sa personne dans ce texte. Depuis ce document-là, toute la politique du parti est dans la droite ligne de cette signature et cela s’est vite traduit en positions politiques concrètes issues de réunions secrètes tenues avec les islamistes à Paris ».

Le RCD a abandonné Saïd Sadi

Les démissionnaires reprochent aussi au RCD d'avoir tourné le dos à Saïd Sadi et de l'avoir dénigré ouvertement. Ils écrivent : « Nous avons découvert une véritable entreprise de destruction du parti en constatant la suppression pure et simple de l’historique du rassemblement du site internet du parti. Au point où il nous a été impossible de mettre la main, entre autres, sur l’intervention de l’ancien Président du parti devant le congrès en 2012. Les prises de paroles d’autres cadres démissionnaires de l’APN ne sont pas en reste. Elles ont disparu y compris sur les sites, supposés pourtant être d’informations ».

Amir Dz, la goutte qui a fait déborder le vase

Les militants qui ont annoncé leur démission du RCD soulignent que la prise de position du site d'information du parti par rapport à Amir DZ, qui a dénigré Saïd Sadi, a été la goutte qui a fait déborder le vase. Ils affirment que le « dernier épisode en date, le site Ameslay, site internet créé par M. Belabbas et que la majorité des militants connaissent comme étant un organe du parti, publie un article dans lequel il est fait, à la fois, l’éloge d’Amir DZ en tant que grand laïc et reprend la diffamation de ce sinistre impliquant Saïd Sadi dans l’assassinat de Lounès Matoub ! Après le bradage de notre programme et de nos principes comme la laïcité, l’actuelle direction veut assassiner nos symboles pour coller à la feuille de route de Rachad. L’éthique l’a définitivement abandonné à l’abîme de la manœuvre traîtresse. La coupe est plus que pleine ».

Ils concluent que« "le RCD est en reniement idéologique. Il suffit de lire les publications rachadiennes assumées de leur nouvelle recrue à Djelfa. La mémoire des militants morts en martyrs pour les idéaux du parti est souillée ! L’ennemi d’hier devient l’allié d’aujourd’hui, Dhina tient, directement ou indirectement, les manettes de notre parti ».

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