L’ancien président du Rassemblement pour la culture et la démocratie, Saïd Sadi, a fustigé le pouvoir en place dans une nouvelle contribution postée, ce mercredi 15 juillet, sur sa page Facebook. Le leader démocrate estime que le système joue un jeu dangereux et malsain en essayant d'instrumentaliser la crise sanitaire que traverse l’Algérie.

Saïd Sadi a dressé un bilan catastrophique de la gestion de la pandémie de coronavirus. Il indique que "les services d’urgence sont déjà saturés et nous savons tous que le nombre de contaminations annoncées est bien en deçà de la réalité". L'ancien président du RCD impute la responsabilité de la situation au système, affirmant que ce dernier "semble toujours tenté par un jeu aussi dangereux que vain : instrumentaliser la redoutable épidémie en cours pour reprendre la main."

Saïd Sadi avertit qu'il «faut s’attendre, en tout cas il ne faut surtout pas l’exclure, à ce que le rebond actuel dure et même si des mesures urgentes et appropriées ne sont pas prises, qu’il puisse connaître une sérieuse accélération avec l’automne et l’hiver quand les personnes vivront plus longtemps dans des espaces confinés ».

L’Algérien doit maîtriser sa colère

Saïd Sadi explique que pour que les choses changent en Algérie, "l’Algérien doit savoir maîtriser sa colère, si légitime soit-elle, et ne pas céder à l’action manipulée ou spontanée qui, non seulement pourrait l’exposer, mais propagerait de manière exponentielle la contamination virale".

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Il souligne que "le défi de l’heure est de réfléchir sérieusement, intelligemment, courageusement à la suite des événements en évitant les improvisations, les précipitations, les liaisons dangereuses et la répétition des dérives qui ont tant de fois heurté et perturbé la construction de notre Histoire".

Saïd Sadi affirme que "les conséquences et implications de cette pandémie sont loin d’avoir été toutes identifiées. C’est à un basculement historique inédit qu’il faut se préparer. Ceux qui jouent de la situation en espérant un épuisement des populations comme ceux qui appellent à reprendre les manifestations pour assouvir leurs impatiences sont animés par la même indigence et le même cynisme politiques".

La révolte du 22 février a été peu à peu minée par les infiltrations, le carriérisme et, surtout, le populisme

Concernant la révolte du 22 février, le Dr Sadi a profité de cette pause due à la crise sanitaire pour livrer ses appréciations. Il indique que la révolte "a été peu à peu minée par les infiltrations, le carriérisme et, surtout, le populisme, autant de toxines qui ont paralysé l’évolution dynamique qu’exigeait la situation et que demandait la rue qui prônait la désobéissance civile et une organisation temporaire et adéquate de l’énergie citoyenne pour imposer une transition démocratique maintenant différée à cause de lectures primaires et sectaires. Il importe peu de connaître aujourd’hui les motivations et les auteurs de ces deux blocages. Le plus important est que ces erreurs et fautes ne se reproduisent plus".

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Un vote même libre peut conduire à une dictature

Saïd Sadi explique que des élections, même libres, peuvent mener à une dictature. Il préconise la mise en place de garde-fous pour les libertés collectives et individuelles avant toute échéance électorale. Le docteur souligne qu'"il faut encore et toujours acculer à la clarification des concepts et des positions. L’égalité des sexes, la liberté de conscience et de culte, le respect de l’intégrité physique de l’Homme qui proscrit la peine de mort ou la séparation des champs politique et religieux ne relèvent pas du registre de l’idéologie. Ce sont des acquis qui font partie des avancées de l’Humanité".

Il ajoute que "l’idéologie n’a rien de honteux mais c’est autre chose. Un régime peut opter pour une économie plus libérale ou plus dirigée pour des convictions idéologiques. On peut, selon sa doctrine idéologique, étendre plus ou moins largement la protection sociale, l’accès à la culture…On peut se revendiquer de droite, de gauche ou du centre, cela c’est de l’idéologie. Reste la politique : c’est la façon de décliner et de mettre en œuvre ces approches doctrinales à travers un programme définissant les affectations budgétaires, les priorités et les agendas".

Luttes idéologiques

Saïd Sadi explique que "les fondamentaux démocratiques, eux, ne relèvent pas de l’idéologie. Ce sont les préventions humanistes qui protègent contre le régnant toujours tenté d’abuser de son pouvoir. Ceux qui les nient ou les fuient aujourd’hui sont les tyrans de demain".

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Le docteur ajoute que "la vocation de la transition est de dissiper le brouillard culturel qui a permis de faire n’importe quoi au nom de la démocratie. Trop d’inepties ont été imposées au peuple parce que l’on n’a pas posé le minimum de principes qui régissent la cité démocratique. Et cela nous a coûté cher. L’article 2 de la Constitution qui stipule que l’islam est religion d’Etat est autant une absurdité politique qu’un poison moral".

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