La prison d'El Harrach, dans la banlieue d'Alger, est devenue un foyer de coronavirus, rapporte le quotidien El Watan dans son édition de dimanche 19 juillet. Cet établissement pénitentiaire a déjà enregistré deux décès dus à la Covid-19 ainsi que de nombreuse contaminations.

Ainsi, le décès de l'ancien ministre des TIC, Moussa Benhamadi, dans la nuit de vendredi à samedi, au CHU Mustapha Pacha, à Alger, a levé le voile sur la situation dans la prison. La mort de l'ancien ministre, suite à des complications liées à sa contamination à la Covid-19, porte le nombre des prisonniers décédés du coronavirus deux. Le premier est Ali Lakhdari, médecin et trésorier de l’association Paix et Solidarité, que présidait l’ex-ministre de la Solidarité Djamel Ould Abbès. Il était isolé à l’infirmerie de l’établissement, lorsqu'il a rendu l’âme après sa contamination par le virus.

En plus des deux décès, plusieurs gardiens et détenus ont été dépistés positifs à la suite des derniers procès à l'occasion desquels des prévenus sont sortis de la prison, selon la même source. Il s'agit notamment d'Ahmed Ouyahia, qui a été atteint lors de sa sortie au cimetière pour assister à l’enterrement de son frère. Il est suivi de Amara Benyounès, Abdelmalek Sellal et Youcef Yousfi. Ces derniers ont été transférés à l’hôpital Mustapha Pacha à Alger. Leur état de santé s’est amélioré depuis leur admission.

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Plusieurs détenus soignés à la prison

D'autres détenus sont aussi déclarés positifs au coronavirus. Ils sont soignés à la prison et répondent bien au protocole de soins, affirme le journal. Il s'agit de Abdelkader Ouali, Hamid Melzi et Abdelhak Boudrâa, tous incarcérés pour des affaires de corruption. Quant à Fahd Halfaya et Ali Ghediri, testés également positifs, leur état de santé ne s'est pas dégradé.

Face à cette situation inquiétante, selon les organisations de défense des droits humains, les avocats et les activistes politiques, les autorités restent toujours silencieuses. En effet, jusqu'à présent, aucune déclaration officielle n'a été faite sur la situation des prisons algériennes, ni sur les mesures à prendre pour éviter la contamination dans ces établissements, sachant que la pandémie risque de faire des ravages dans des milieux clos.

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