La polémique sur le sacrifice du mouton de l'Aïd El Adha se poursuit. Le Dr Mohamed Bekkat Berkani s'est exprimé à son tour sur la question. Le membre du Comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie de coronavirus en Algérie a indiqué, dans un entretien accordé à Radio M, le 19 juillet, que la fatwa des religieux avait primé sur l’avis et les conseils des médecins.

Ainsi, le membre du comité scientifique avoue que, concernant le rituel du sacrifice l'Aïd, la décision a été prise par les religieux contre l'avis des scientifiques. Il explique que « l’appel des professeurs en sciences médicales émane de leur conscience de la dangerosité de la situation sanitaire. Ils craignent une propagation du coronavirus car les familles algériennes ne vont pas se passer de leurs traditions, notamment les visites familiales et les embrassades, en oubliant les mesures de distanciation sociale, comme c’était le cas durant la fête de l’Aïd El Fitr".

Il ajoute : « Nous, en tant que médecins, nous n’avons pas demandé l’annulation de l’Aïd El Adha comme une fête religieuse que nous avons l’habitude de célébrer chaque année. Nous avons demandé l’annulation du rituel du sacrifice exceptionnellement pour des considérations sanitaires, mais la Commission de la fatwa a émis une fatwa contraire ».

Bekkat Berkani affirme que « la fatwa des religieux a primé sur l’avis et les conseils des médecins, et c’est ça la réalité ». Il explique que bien que la commission de la fatwa ait émis une fatwa selon laquelle le rituel du sacrifice est une « sunna », elle a maintenu le sacrifice, tout en appelant les Algériens à la nécessité de respecter les mesures de prévention.

Qui gère la crise sanitaire ?

Le membre du comité scientifique avertit : « La commission de la fatwa a pris sa décision et elle doit assumer les conséquences ». Le docteur, qui craint une recrudescence de contaminations à l'occasion de l'Aïd, indique : « En tant que médecins, on s’interroge si les Algériens vont respecter les mesures de prévention lors de l’achat du mouton et qu’en sera-il des agglomérations connaissant de grands mouvements de citoyens et des opérations d’abattage dans les espaces publics ».

Cet aveu du Dr Bekkat Berkani relance le débat sur la gestion de la crise sanitaire par les pouvoirs publics et la place du comité scientifique, qui n'arrive pas à imposer certaines décisions pour endiguer la pandémie de coronavirus.

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