La fête de l’Aïd El Adha s'ouvre pour trois jours dès vendredi 31 juillet en Algérie, en France et au Maroc, tout comme dans les autres pays du monde. Coronavirus oblige, cette année, la traditionnelle fête religieuse sera empreinte de plusieurs particularités qui impliquent des mesures sanitaires et d’hygiène supplémentaires. Le rituel du sacrifice sera particulièrement contrôlé, notamment dans les abattoirs.

 L’Aïd El Adha, nommé également Aïd El Kebir en Afrique du Nord, est une journée de fête célébrant le rituel du sacrifice pour Dieu. Une fête célébrée en famille, avec les proches, par plus d’un milliard de musulmans, et qui met l’accent sur la fraternité, la réconciliation et le pardon.

Cette fête célèbre la force de la foi du prophète Ibrahim (Abraham dans la tradition judéo-chrétienne) en son Dieu, symbolisée par l'épisode où il accepte de sacrifier, sur ordre de Dieu, son fils Ismaël. Dans la tradition judéo-chrétienne, cet épisode est appelé ligature d'Isaac, car le fils à sacrifier s'appelle Isaac.

Cette année, la date de l’Aïd El Adha est fixée au vendredi 31 juillet en Algérie, en France et au Maroc. En effet, le 1er  jour du mois de Dhou El Hidja de l’année 1441 a été comptabilisé à partir du mercredi 22 juillet, ce qui indique que c'est au dixième jour du mois lunaire que sera célébrée la fête du sacrifice de l’Aïd El Adha

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Toutefois et devant la proximité physique qu'implique cette fête, de nombreux scientifiques s'inquiètent d'une recrudescence des cas de coronavirus.

Pas de retrouvailles de l'Aïd pour les ressortissants de la diaspora

En concertation avec les instances religieuses, les trois pays, l'Algérie, la France et le Maroc, ont tous mis en place des dispositifs spécifiques afin que les opérations d’abattage rituel de l’Aïd El Adha se déroulent dans le respect de la réglementation applicable. Des mesures sanitaires spécifiques sont décrétées pour garantir le bon déroulement de cette grande fête religieuse. Elles seront mises en place pour assurer l’opération du sacrifice dans le respect des mesures préventives instaurées dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire de lutte contre la Covid-19.

La fête de l’Aïd El Adha rime avec retrouvailles familiales et célébrations collectives, repas en famille, embrassades, prières collectives, sacrifice animal... Autant de rituels qui risquent d'être chamboulés cette année, par le contexte épidémique du coronavirus.

Toutes ces habitudes ne sont pas sans risque puisqu'elles pourraient contribuer à une baisse de la vigilance sur les gestes barrières alors que la menace de la prolifération du coronavirus plane toujours. L'ambiance de l’Aïd cette année pour la diaspora maghrébine en France ne sera, certainement, pas à la fête. Habituellement, les vacances d'été sont synonyme de retrouvailles au Maroc ou en Algérie. Des retrouvailles familiales empêchées cette fois par la Covid-19.

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Une réglementation stricte pour le rituel du sacrifice

En France, l’abattage des animaux hors d’un abattoir autorisé par les pouvoirs publics est formellement interdit. Pour des raisons de protection animale et de garantie de la sécurité alimentaire, des agents vétérinaires seront mobilisés et présents dans ces différents abattoirs. Ils veilleront au respect des règles d’abattage et procéderont à l’inspection sanitaire des carcasses. Toute infraction constatée lors du contrôle donnera lieu à des sanctions.

Les mosquées, quant à elles, seront maintenues fermées le jour de l’Aïd El Adha. Les fidèles devront effectuer la prière de l’Aïd chez eux cause du risque de propagation du coronavirus.

Vers un confinement total durant l’Aïd El Adha en Algérie et au Maroc

Contrairement à la France, où l’évolution du coronavirus est relativement stable, l'Algérie et le Maroc connaissent depuis quelques semaines une montée effrayante du nombre de contaminations quotidiennes. A ce propos, certains médecins et spécialistes recommandent de décréter un confinement total durant l’Aïd El Adha.

En Algérie, cette décision a été déjà décrétée pour les deux jours de l’Aïd El Fitr, afin d’empêcher les visites familiales qu’impose la circonstance. Une décision jugée « sage » par les spécialistes, dans la mesure où elle permet d'éviter les regroupements et les contacts directs entre les citoyens.