Une femme médecin a tiré la sonnette d'alarme sur la situation de l’hôpital de Azazga, en Kabylie. Elle a témoigné, dans une lettre partagée le 26 juillet sur les réseaux sociaux, sur les conditions difficiles dans lesquelles travaillent les médecins ainsi que le risque de contamination par le coronavirus qu'encourent les malades admis à d'autres services.

La femme médecin commence sa lettre par un constat amer. Elle signale la difficulté de travailler dans des tenues de protection en cette période de chaleur. "Travailler dans cette tenue toute la journée avec une chaleur intérieure de 60 degrés juste pour soigner les citoyens qui ne se protègent pas eux-mêmes...", déplore-t-elle.

La praticienne alerte sur la situation de l’hôpital de Azazga, dans la wilaya de Tizi Ouzou, et avertit qu'à la veille de l'Aïd, les choses peuvent se compliquer. Elle indique : "Au rythme où on va, nous allons finir par fermer boutique. Plus de soignants et plus d'espace pour contenir les patients atteints du Covid-19 et qui nécessitent une assistance. Alors que certains pensent à l'Aïd et font des centaines de kilomètres pour l'occasion, nous suffoquons et tremblons aux conséquences de cette fête religieuse"

Sous-effectif et manque d'espace

La médecin affirme : "Nous sommes déjà en sous-effectif et d'espace. Hier (ndlr, le 25 juillet), nous étions encore obligés de dédier un autre service pour cette méchante infection qui commence à rendre les atteints plus vulnérables et nécessitant de l'oxygène". Elle conseille aux "autres patients surtout les chroniques suivis à notre niveau et ceux qui ont besoin d'exploration (de) consulter ailleurs pour risque de s'infecter. Nous sommes en mode covid et nos services sont réduits".

La médecin lance un appel à l'aide : "Pour le personnel, nous commençons vraiment à être en sous-effectif vu le nombre de contaminés parmi nous. Nous demandons par ailleurs aux médecins de la circonscription de Azazga de ne plus adresser les patients pour exploration et pour équilibre de leurs pathologies".

Elle conclut : "Nous sommes en train de payer les conséquences de notre entêtement et le déni. En attendant, nous tremblons encore pour l'après Aïd que les Algériens, pour la plupart, préparent avec tous les risques sanitaires dus au regroupement et au rituel. Si nous fermons boutique, mea-culpa".

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