Le journaliste et correspondant de la chaîne de télévision France 24 en Algérie, Moncef Aït Kaci, ainsi que le réalisateur et technicien Ramdhan Rahmani ont été placés en détention provisoire, ce mardi 28 juillet. C'est l’avocat Abdelghani Badi qui en a fait l'annonce sur sa page Facebook. Ce dernier n'a pas communiqué les motifs de leur arrestation.

Le tribunal de Bir Mourad Raïs, à Alger, a décidé ce mardi de placer le journaliste correspondant de France 24, Moncef Aït Kaci, en détention provisoire. Le réalisateur et technicien Ramdhan Rahmani a connu le même sort, selon l'avocat Abdelghani Badi. Les raisons de leur incarcération restent toutefois inconnues.

Cela dit, une lettre prémonitoire du journaliste, publiée quelques heures après la nouvelle de son arrestation, peut expliquer la décision du tribunal. Il se trouve, en effet, selon cette missive, que le correspondant de France 24 était sur la ligne de mire de la justice algérienne. Le journaliste a fait savoir qu'il avait été convoqué à deux reprises par la Gendarmerie nationale.

Le message prémonitoire du journaliste

"Ma première convocation par téléphone était le 28 novembre 2019. J’ai ensuite voyagé à Paris et j’y suis retourné après le vote (le 21 décembre 2019). Je ne voulais pas et ne pouvais pas couvrir les élections présidentielles à Alger, en sachant que je n’étais pas accrédité à cette période pour le faire. J’ai donc respecté cette décision indirectement signifiée", a écrit Moncef Aït Kaci, qui est un ancien journaliste de la chaîne Echorouk News TV.
Le journaliste fait savoir qu'il était également frappé d'une ISTN : "Je ne savais même pas que durant la première convocation, ils m’avaient mis sous ISTN (interdiction de quitter le territoire national), la gendarmerie ne me l’avait pas annoncé de manière officielle, ni le procureur, je l’ai découvert en m’apprêtant à voyager le 26 février 2020", avait-il indiqué.

L’enquête a un lien avec son travail de correspondant

"La deuxième convocation était justement intervenue avant mon départ en voyage "annulé à cause de l’ISTN" , je crois que la gendarmerie m’a rappelé vers le 13 ou 14 février. Je ne m’en souviens pas. Toujours, des questions sur mes activités de correspondant et comment j’ai pu travailler avec les prestataires concernés. J’ai bien évidemment expliqué que je ne faisais qu’appliquer les instructions de mes employeurs sans chercher à comprendre qui est autorisé à travailler et qui ne l’est pas parmi ces prestataires, puisque la technique ne me concerne pas", avait ajouté le journaliste de la chaîne française en Algérie.

Ce dernier a souligné que ces poursuites avaient un lien avec son travail de journaliste correspondant de France 24. "J’écris ce message très rapidement, je l’ai rédigé quand j’ai appris ce samedi 18 juillet que je devais me présenter à la Gendarmerie pour récupérer ma convocation et passer chez le procureur dans le cadre de la clôture de l’enquête qui, je le rappelle, a un lien avec ma fonction de correspondant France 24 , et les prestataires techniques, mais pas avec mes écrits ni mes correspondances éditoriales", précise-t-il dans sa lettre.

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